dimanche 31 août 2008
26.
Une réconcialiation qui s'éteint devant des distances et des prix d'avion inaccessibles pour un bugdet d'étudiant. Et dire qu'avant, il fallait une vie entière pour parcourir l'Europe d'un bout à l'autre, sans avoir l'espérance de pouvoir y parvenir. Et maintenant, en quelques heures, le bout du monde sous les pieds... mais quand même, ne pas pouvoir se toucher la main à cause de lignes internationales...
Et croire, espérer que les trois heures entre son arrivée et mon départ puisse être assez. Espérer que rien ne change. Espérer que rien n'arrive. Espérer que le monde entier retienne son souffle sur un moment trop court...
jeudi 28 août 2008
25.
La lumière du cellulaire est une attaque aux yeux. Le message qui apparaît à l'écran aussi. Il demande un numéro d'un ami commun... à 2 heures du matin. Lui donner, parce qu'autrement, c'est mal agir, mais quand même, chercher une façon de mal agir en agissant bien.
"How is it?"
Et il répond à la vitesse de la lumière, ne semble pas comprendre pourquoi son numéro est tombé au fond d'un creux. Lui demander: "Pourquoi sa main était-elle dans la tienne?" et recevoir comme réponse une philosophie de vie par SMS.
Such a loser.
Mais quand même, retomber dans le sommeil, engourdie d'une tristesse détestable, haïssable, qu'on souhaite repousser du revers de la main, mais qui revient inlassablement vers le coeur et gruge cette patience qu'on accorde au genre humain.
samedi 23 août 2008
24.
Repasser en revue toutes les parcelles de notre vie, de notre corps, pour comprendre ce qui ne marche pas. Avoir honte de cette coke, avoir honte de cette drogue, avoir honte de ces gars auparavant.
Soudain, avoir l'impression d'avoir été méchante et de ne récolter ce qu'on a semer. Pleurer d'incapacité. En vouloir au pays, à la culture, à la langue. Puis soudain, avoir une phrase en tête, la seule possible à avoir, et en allemand, et se rendre compte qu'il n'y a rien d'autre à ajouter... car tout y est:
"Ich weiß noch nicht, wenn ich liebe dich oder wenn ich hasse dich, aber in beiden Fällen, ficke ich dich."
"I still don't know if I'm loving you or if I hate you, but in both case, I'm fucking you."
jeudi 21 août 2008
23.
Soudain, un son; celui de son cellulaire: "I'm getting late."
Un sourire un coin, puis un léger embarras. Elle s'y attendait.
Elle lève le regard et tombe sur un groupe de jeunes garçons. 14-15 ans... Les jambes longues, le physique d'un enfant trop grand, l'allure d'un jeune chiot en pleine poussée de croissance.
Ils ont l'arrogance de croire que le monde est à leurs genoux, qu'un univers remplit de bontés les attendent. Une cigarette à la bouche, une bouteille d'alcool à la main, ils prennent l'air décontracté de jeunes de rue qui n'ont pas peur de ce que leur vie peut leur amener comme embuche.
Elle les regarde un instant, mélancolique. Elle jette son regard sur leur visage, les examine. La plupart sont encore jeunes de profil, mais certains sont plus beaux, ont une apparence plus mature. Un en particulier. Leur regard se croise. Elle n'y porte pas vraiment attention. Elle continue de les observer, un peu perdue dans ses propres pensées.
Peu à peu, elle commence à croiser quelques-uns des regards de ces jeunes garçons. Elle cherche celui qui a les traits plus maturés. Elle le retrouve en train de parler avec son copain, il se retourne, l'observe. Comme pour se donner constance, il se donne un air sérieux, fasciné, mais derrière ses traits, une gêne, un questionnement sur la façon à agir pour aller lui parler.
Elle lui sort un sourire en coin, détourne le regard, secoue légèrement la tête. Une histoire de flirt enfantine, trop facile, trop simple, trop puéril.
Puis celui qu'elle attendait arrive alors que le jeune a encore son regard posé sur elle. Elle, elle l'a oublié, salut son ami, et disparaît avec lui, bras dessus, bras dessous, sans un regard pour l'enfant qui a encore son regard braqué sur elle.
22.
Avoir eu la force de ne pas l'avoir embrassé, parce que "I'm a bit confused about our relation".
Avoir réussi à ne pas pleurer devant son "I don't know."
Avoir réussi à ne pas dramatiser la situation alors que "I'm leaving for a week soon, and then, you are leaving for three weeks in Italy, and right after you are going for a week in Munich, just before your week in Canada... And then, I'm moving for my study... so..."
Avoir réussi à garder espoir par un rire.
Mais être toujours dans l'attente et souffrir de ne pas savoir.
lundi 18 août 2008
21.
Et comme si c'était attendu, un mensonge répond à l'interrogation lancée: "Non."
Mais alors, une certaine gêne envahit le corps. Fumer? Fumer quoi? De la cannelle dans la cours de récréation? Non. De la marijuana dans les toilettes de l'école secondaire? Oui. Trop peut-être.
Mais ça, ce n'est rien. Ce n'est rien comparé à l'envie qui remonte dans le nez, au goût fort et chimique qui descends des narines à la bouche, aux paupières lourdes qui tombent après une ligne. Fumer? Fumer quoi? Bof, on pourrait dire que non, grosso modo.
Des envies paradoxales trompent le corps. Celle d'appartenir à une société cultivée et riche en divertissements et celle, plus primitive, d'être parmi les oiseaux de nuit, qui se déchirent les ailes en voulant rejoindre les étoiles. Et parce que le premier monde semble aussi inaccessible que le second dans l'instant présent, le cerveau tombe dans le coma des souvenirs... et le goût chimique de la coke revient plus fortement.
Le nez qui crie une douleur aigüe. La bouche qui grimace sous le goût acre d'une neige insoluble. Les veines qui paniques d'excitation. Le cœur qui se trémousse. L'abandon du corps, des principes, de la volonté, de l'éthique, de la bienséance, de toutes ses choses imposées par une intelligence malsaine, trompeuse peut-être, revient hanté le corps. Les souvenirs, si présents, remontent aux yeux en boule de cristal, étranglent la gorge, enserrent les mâchoires.
Crier d'envie de mélanger de nouveau cette coke avec cette Extasy. De se retrouver dans ce club entouré de vautours. De se laisser échouer dans les bras d'un inconnu.
Soupirer enfin du deuil de ce monde malsain. Voir les sourcils tombés sous l'impossibilité d'obtenir de nouveau cette folle combinaison de poison. Se contenter d'une réalité, quand même acceptable. Se voir peut-être sourire devant les différences de notre vie face à celle de nos amis. Se contenter de l'écart. Se contenter de ce qu'ils ignorent. Se contenter de ce qu'ils ne veulent pas savoir. Puis se sentir, un peu, un brin, un minuscule, plus forte, plus courageuse qu'eux par le guts d'avoir déjà fait ce qu'ils ont toujours redoutés de faire.
Et rire en silence.
samedi 16 août 2008
19.
Quand elle l'a connu, ses plus solides convictions à propos de l'amour venaient de écrouler; "La jalousie, c'est le résultat d'une confiance qui n'existe pas. L'amour, c'est le résultat d'une confiance aveugle."
Pourtant, elle doit s'avouer que quelque chose ne fonctionne plus, que son opinion n'est peut-être plus valide. Quand elle le voit sourire à une autre fille, ses mâchoires se serrent. Quand elle ne le voit pas, l'angoisse tombe dans son ventre. Quand il lui sourit, alors qu'il l'embrasse, la peur la prend. Et pourtant...
La jalousie n'est pas une maladie de l'amour, qu'elle se répète, mais devant les faits, elle doit s'avouer qu'elle est jalouse et aussi, un peu amoureuse.
Et ses amies lui demandent: "Alors?"
Et elle répond, vaguement, qu'elle ne sait pas encore.
Et elle continue de penser longtemps encore.
L'autre fois, au bar: "Vous êtes ensemble?!"
Et elle, sur un air joyeux, se retourne vers lui et l'interroge. "I don't know. Maybe?!"
Mais la situation n'est toujours pas clarifiée le lendemain et elle s'interroge.
Elle l'appelle, tombe sur du néant.
Elle le sms et tombe dans l'attente.
"Come online."
Et ils parlent. Elle le sens distant, le lui dit.
"Girls are thinking too much."
Et devant la froideur de cette réponse facile, l'envie de le revoir diminue.
Mais après, il l'invite, ils se voient et s'embrassent. Une belle soirée.
Mais le lendemain, encore le doute...
samedi 2 août 2008
18.
Il m'a dit, du haut de ses études universitaires en médecine, du haut de ses 23 ans, du haut de sa toute puissante vie qui se dresse devant lui qu'il ne comprenait pas ses "pauvres gens" qui passaient leur vie dans les clubs et bars, comme pour fuir quelque chose, pour éviter de penser et pendant un court moment, je me suis sentie mal en face de lui.
- Mais je passe ma vie dans les bars moi.
- Mais tu y travailles, ce n'est pas la même chose.
- ...
Mais j'aime ça, que j'aurais voulu y dire. J'aurais voulu y dire que l'alcool, c'est son air du matin, qu'il trouve si frais. Que la musique forte, c'est son cœur qui bat la chamaille quand il court, que sa course, c'est ma danse. J'aurais aimé lui montrer qu'entre sa rue et mon dancefloor, il n'y a pas grande différence, qu'au fond, on recherche la même chose: l'évasion de l'esprit, le sentiment de liberté, l'apaisement d'une vie lourde.
- Dansez c'est un sport, je pense que j'éprouve la même chose que toi quand je suis dans un club ou dans un bar, ou même quand je travaille.
- Mais tu bois. Et c'est pas bon.
- Boire autant de café que tu fais, ce n'est pas bon non plus.
- Le café, c'est un art.
- Je considère que l'alcool est autant un art que le café.
- Non, parce que ceux qui consomment l'alcool en abusent et ne savent pas le déguster et l'apprécier.
Et à ce moment-là, je me suis sentie de nouveau seule dans mon monde d'alcool, de bars et de clubs. Je me suis sentie du mauvais côté de la ligne sans vraiment le mériter, car j'aurais pu lui répondre qu'avec ses trois cafés par jour, il ne peut pas apprécier le goût autant que quelqu'un qui n'en prend qu'une fois de temps en temps. Et qu'à la différence du café, l'alcool est si variée, si diversifiée qu'il est toujours possible de découvrir et de redécouvrir.
Mais je me suis tue. L'alcool de nuit ne représente qu'une partie de débauche pour une grande majorité des gens.
jeudi 3 juillet 2008
17.
- Je reviens, dit-elle d'un murmure.
Et pour accompagner l'écho de sa voix, elle caresse du bout des doigts l'épaule de l'homme qu'elle a amené chez elle. La dernière chose qui quitte la chambre est sa main, qui vole encore derrière elle. Il l'a regarde s'éloigner dans la noirceur du couloir, ses yeux tombent sur le balancement de sa robe. Son vêtement est court et il devine ses fesses rebondies derrière le tissus turquoise. Ce bout de vêtement l'a nargué toute la soirée, lui faisant croire qu'en mouvement, il pourrait voir un bout de chair. Mais jamais, celui-ci n'a osé s'élever plus haut que le fantasme de l'admirateur l'exigeait.
Elle disparaît dans la noirceur du couloir, entre dans la salle de bain et s'évanouit dans un jet de lumière. Il détourne le regard et examine la pièce. Il sent le parfum de femme. De cette femme. De cette fille. Il voit, entre deux morceaux de linges, un soutient gorge jaune-banane, avec un imprimé de singe sur l'un des deux bonnets. Il sourit. Détourne le regard, continue l'examen de la pièce. Il voit le poster de cette star géante qu'est Paris Hilton. Quelque chose de vague l'entoure. Cette femme fait rêver tant d'hommes et de femmes. Il se demande si celle qu'il vient de connaître l'envie. Tout près du poster, une multitude de photos où il voit la fille avec ses amies, toujours souriante, toujours amusante, toujours belle surtout. Il espère qu'elle se sent plus belle que Paris et se promet de lui dire qu'il la trouve plus séduisante que bien des actrices.
Soudain, un parfum suave entre dans la pièce. Il se retourne et la voit. Elle lui sourit différemment. Là-bas, au club, ses regards étaient narquois, pénétrants, malicieux. Elle bougeait son corps dans le désordre de la musique, s'extasiait de la liberté qu'elle avait de bouger à sa guise. Elle riait, criait, s'affolait. On s'amusait à la voir. Une gamine.
Une gamine avec un 100$ dans les mains. Une gamine qui a troqué le biberon pour des shooters. Les simagrées de bonbons trop surs pour des grimaces d'alcool trop fort. Quelque chose de triste dans l'air. Lui aussi, il a considère autrement. Il s'approche, doucement. La prend par la taille avec la peur de la briser. Il la regarde dans les yeux, tente d'y voir un morceau de vérité et y gagne un faible sourire moqueur. Elle l'embrasse. Il s'excite.
Ses lèvres touchent les siennes. Elle ne l'embrasse que du bout des lèvres. Il aurait envie de la posséder. Il l'a trouve loin mais si proche à la fois. L'envie de la prendre sur le champs le hante, mais la douceur de cette fille l'étrangle dans son désir. Il se laisse guider par celle-ci. Ses doigts de fée glissent sur sa peau. Des frissons le parcourent, se répercutent partout dans son corps. Il s'abandonne à elle, ferme les yeux puis la sent soudain se coller à lui. Elle l'enserre un instant dans ses bras. Il sent la délicate force des femmes, celle si prudente et insécure mais si vive pourtant et répond à son étreinte.
Les doigts de la jeune fille se glisse sous son chandail. Il inspire un bon coup, sous la caresse de cette peau dans son dos. Elle lui retire sa chemise et l'embrasse sur le torse, à pleine bouche, avec la même tiédeur, le même calme que tous ses autres gestes. Il frémit. Ses mains se promènent sur son corps, entraîne sa bouche à son cou, redressant à son flanc. Il la sent mordre dans sa chair, timidement, puis son visage revient devant lui. Les mains de la jeune fille ont tombé sur ses fesses. Il se sent dur. Elle le mord encore. Ses mains reviennent devant et lui défait son pantalon. Il est nu d'un coup, se sent un peu gêné de sa nudité alors qu'elle est encore toute habillée.
Elle sort le bout de la langue et effleure la peau du pénis. Il sent la chaleur de sa bouche et retient un râle. Elle continue de l'embrasser, lui faisant sentir la lourdeur de ses lèvres. Elle s'avance vers le gland et sent son corps passé de la tiédeur de la pièce à la chaleur et l'humidité de la bouche de la jeune fille. Il apose ses mains sur sa tête, en retenant le vif désir de l'amener plus près d'elle. Sa langue le chatouille. Il gémit. Puis lorsqu'elle commence à sucer, il ne peut s'empêcher de s'agripper à la chevelure de la fille à ses genoux. Elle augmente ses va-et-vient, augmente le rythme, l'intensité.
Elle le sent devenir plus dure, elle s'excite, amplifie l'allure. Pendant un moment, la pression des mains de l'homme était plus insistante, maintenant, elle sent qu'il souhaite qu'elle s'éloigne. Il voudrait la pénétrée. Elle ignore sa demande, continue. Elle arrête un instant la succion, revient aux baisers, aux coups de langue, puis elle le reprend à pleine bouche. Les mains de l'homme l'agrippe plus fortement. Elle place ses mains par-dessus les siennes et l'encourage à la guider. Ils continuent le rythme ensemble un moment, puis elle glisse une main sur la fesse de l'homme. Elle continue de le lécher, de l'embrasser, de le sucer. Elle fait glisser ses doigts sur le rebond des fesses, puis tombe dans un creux. L'homme se raidit, mais elle augmente l'intensité de sa succion.
Il tente une seconde de l'éloigner, afin de pouvoir la pénétrer, mais elle lui glisse un doigt dans l'anus. Un autre lui caresse les testicules. La sensation est nouvelle, excitante. Il s'agrippe à la tête, sent l'excitation monté. La jeune femme à ses pieds devient abstraite; le désir ayant rendue la réalité floue. Les sens de l'homme s'évanouissent. Il tente une ultime fois de se retirer pour pouvoir sentir le corps de la jeune femme sous lui, mais elle reste ferme. Il l'entraîne alors à lui, plus fortement. Elle se laisse faire docilement. Augmente ses succions, jusqu'à amener l'homme à l'abandon total de son corps...
16.
mardi 24 juin 2008
15.
Se lever fatiguée de la veille. Se savoir en congé. Être envahie des effleuves des shooters vendues quelques heures plus tôt. Baver, presque, devant l'idée que ce soir, les rôles ont changés.
S'abreuver d'alcool avec l'argent du monde qui se sont abreuvés d'alcool sur ton quart de travail. Voir l'alcool disparaître aussi rapidement qu'elle est venue. Ne pas croire à son goût. Ne pas croire à sa douceur. Ne pas croire à sa fraîcheur et à l'ivresse qui s'en vient, tranquillement mais aussi surement qu'un orgasme prolongé. Rire avec les échos dans la tête qui tourne. Voir les mots tombés de la bouche et s'écarser sur la table à grands éclats de rire. Ne plus comprendre la situation mais se sentir si bien de tant de légèreté. Parler fort pour rien. Voir le monde statique se mouvoir. Sentir les muscles s'alourdir. Tomber, un peu par exprès, dans les bras d'un bel inconnu. L'embrasser, un peu par accident, mais pas trop.
Et finir la soirée dans un lit bercé d'illusions d'alcooliques, où demain, se dit-on, sera un jour sans eau-de-vie, mais recommencer, inlassablement le même rythme, jour après jour, sans plus jamais pouvoir s'arrêter...
jeudi 1 mai 2008
14.
- Oulala! Ça sent la tequila ici!!!
Et six tequilas sur le plateau. Une gang heureuse et saoule. Leur porte-feuille vide. Le mien plein.
- On fait-tu passer ça avec un pichet de blonde?
- Aweille donc ma belle!
- Et un pichet d'blonde!
Et on redonne 6,50$ en change, sinon, c'est 1,50$ dans les poches au lieu de 2, voir 3$.
Le client est aveugle. Le client est saoule. J'en profite.
- Combien?
- Ça fait 17,50$.
Il me donne 20$. Je n'ai pas de change. "Garde-le reste, ma jolie!" Sourire qui plait. Sourire hypocrite. Sourire docile tant que l'argent vient.
Le client qui fait de l'œil. S'approcher et lui dire le prix à l'oreille, une main sur l'épaule. Prendre l'argent et s'en aller...
mardi 22 avril 2008
13.
Être défoncée par ce sentiment fort de découverte constante. Vouloir conquérir la ville, l’ambiance. Vivre d’alcool, de déchéance. S’habiller puis se regarder dans le miroir et s’extasier de tant flasher. Se sourire à soi-même puis avoir le cœur qui accélère par la hâte d’aller se faire admirer dans un club. Être en ligne et entendre la musique à l’intérieure, forte, invitante, qui bat au même rythme que votre cœur.
Accepter les verres, les shooters, les joints. Se faire offrir une pilule, tout bonnement. Être surprise et avoir peur, un peu, mais la prendre tout bonnement. Sauter les limites. Être heureuse de l’audace. Vive l’audace dans la splendeur de la nuit. Voler tel un oiseau de nuit, dans une boîte remplie de sons où vos ailes sont celles des regards des hommes autour de vous.
Danser, danser, danser, again and again…
Ne plus saisir l'ambiance mais la vivre, l'habiter, l'être. Plus tard, être entraînée à l'arrière du smoking area, se faire déposer de la poudre sur la main et la voir disparaître sous notre nez. Être surprise de tant de facilité, de si peu de peur, de tant d'enthousiasme. Prendre conscience de notre corps pour mieux ressentir cette chaude neige dans les veines. Retourner danser et voir les limites s'effondrer...
12.
Tomber dans les bras d’inconnus et leur livrer votre fin de semaine. S’abreuver à leur portefeuille et les remercier de votre corps. Danser sous le regard d’une ville où vous êtes l’intrus. Vivre par parcelle car le souvenir de votre ville vous harcèle et parce que les mots des autres vous sont parfois étrangers. Mais rire en retour des mots que vous leur apprenez. Bonjour, biyour. Poutine, paodhein. Je t’aime, djetam…
dimanche 30 mars 2008
11.
Dernier hiver, dernier printemps et dernier été. La ville se transforme sous le souffle de Mère Nature qui prospère. Aller voir ailleurs comment elle se débrouille. Comprendre que pendant longtemps, il n'y aura plus qu'un pays lointain attaché à notre nom. Se sentir exotique et sourire. Mais soupirer de l'intérieur d'avoir quitter ce lieu de sécurité.
Rêver de chaque dollars investie dans ce voyage qui marquera ma vie et mon imaginaire dans le futur.
Sourire de l'aventure qui s'en vient et de celle qu'on vit présentement.
samedi 29 mars 2008
10.
Et pleurer.
mercredi 26 mars 2008
9.
Finalement, pleurer sur le Requiem de Mozart, résignée d’avoir à vivre un destin exigeant et d’y souffrir. Pleurer seule et en silence, dans la souffrance de l’attente de la sérénité que seule une vie lourde et riche en expérience pourra apporter.
lundi 24 mars 2008
8.
Rire de l'ébat de cette vulgarité. S'offrir, toute, dans une dévotion explicite, un abandon désolant.
Mourir sous le poids des hommes qui s'effondrent après l'orgasme.
Devenir dépendant des autres tant le corps souffre de l'amnésie provoquée par le manque de caresses.
Soupirer puis ne rêver que de superficialité que pour ne pas être blesser de toute cette brutalité.
vendredi 21 mars 2008
7.
J'ai hâte d'être en Allemagne pour sentir et voir l'usure, le vieux, l'histoire à travers les visages, le style, le mode de vie des gens. De connaître ce que c'est que vivre dans l'Histoire...
mercredi 19 mars 2008
mardi 18 mars 2008
5.
Daiquiri: une once de rhum blanc, une once de Barmix, utilisé le shaker, faire de l'oeil au client, se pencher en lui donnant son alcool, lui dire le prix à l'oreille, lui prendre son cash en souriant.
Planter's Punch: une once de rhum brun, une once et demie de Barmix, quatre onces de jus d'orange et des gouttes de Cherry Brandy et de grenadine et rajouter quelques fruits pour faire plaisir à la fille. Lui montrer de l'oeil un joli mâle, lui souhaiter bonne chance et prendre son cash en souriant.
Rêver de pays étrangers en servant des Tequila Sunrise. Croire que le soleil peut nous appartenir à mesure qu'on se rapproche de l'équateur.
Margarita: Une once de tequila, une demie once de Triple Sec, une once de Barmix et se retrouver sur la plage, dans notre tête, avec le bel étranger de l'autre côté du comptoir et lui prendre son cash en souriant.
Se sentir plus près du but final lorsqu'une bouteille d'alcool est finie, que les poches sont lourdes d'argent et que la fatigue harcèle le corps.
Madras: Une once de whisky écossais, une demie once de jus de canneberges, trois onces de jus d'orange. Caresser la main de l'homme, plonger son regard dans le sien, et retirer du pourboire de son portefeuille en le charmant.
Avoir le corps sali, les muscles fatigués, les poches pleines de cash, le cœur lourd de remords mais la tête pleine de rêves. Prendre une verre d'alcool, le vider dans ses veines et s'endormir sur la longue plainte de l'épuisement et du rêve à construire.
Between the sheets: une demie once de Brandy, une demie once de rhum blanc, une demie once de Triple Sec, une demie once de Barmix et l'engloutir d'un trait comme on voudrait dévorer la vie.
lundi 17 mars 2008
4.
Dormir que d'un œil parce que la peur reste présente malgré le double tour à la serrure, la double vérification, malgré les objets qui traînent dans la noirceur, malgré les trois portes à traverser avant d'entrer dans l'appartement, malgré le calme du quartier. Être sur ses gardes toute la nuit car c'est dans le noir que les méchants sortent et que la perversion se trouve.
La raison qui n'arrive pas à se raisonner d'aller dormir. Le désir de veiller qui vacille après un verre d'alcool. La résolution de ne pas aller dormir tôt qui abdique finalement dans l'ennui, dans l'épuisement maximum du corps.
Se résoudre à aller dormir, comme un enfant, mais sans se faire raccompagner. Mais sans conte ni chanson. Mais sans se faire border. Sans un "Bonne nuit" ou un bisou. Peut-être même sans prière. Qu'une caresse sous les couvertures, un soir où la solitude pèse trop. Et se rendre compte ensuite avec malheur que la chaleur d'un homme manque vraiment dans le lit, grand et vaste et froid.
3.
Rager intérieurement de l'inefficacité, de l'inaction, de cette mare d'humain qui bouge au rythme du vent et de la lune. Qui bouge lentement, sans prendre conscience de tout leur pouvoir comme si le but de leur existence n'était que de suivre le troupeau dans lequel ils ont été mis.
Pester contre le troupeau de l'humanité et croire, tout de même, que parmi eux se trouve peut-être un autre, comme moi.
2.
Mais se lever quand même le matin, répéter les mêmes gestes et lutter pour que ceux-ci ne s'inscrivent pas dans une routine d'automate. Boire du café comme pour être projeter du sommeil à l'action, comme une voiture percutant un mur de béton. S'écraser contre la vie, le travail, l'école, les obligations de la vie. S'écraser parce qu'il n'y a pas d'autre mot. Se sentir esclave de nos biens. Rêver de liberté assis sur les bancs d'une école aux fenêtres condamnées.
Écouter distraitement les paroles des gens qui parlent. Parler de rêves à des oreilles indifférentes et amnésiques. Souffrir de solitude dans toute cette masse de vie solitaire. Crier en silence et pleurer en bouffant les larmes. Penser pourtant que le soir, ce sera mieux.
Se noyer dans l'alcool. Se noyer dans la foule. Se noyer dans la musique qui déchire les tympans. Reproduire avec violence la solitude éprouvée pendant la journée. Danser sans que personne ne regarde. Toucher des corps qui nous sont étrangers et les rêver égoïstement dans notre lit. Exister seulement parce que la foule existe.
Si la chance ose se pointer, le regard d'une créature anormale tombera sur nous. Et par cette attention soudaine, toute l'existence du monde semble prendre un sens. Et on tente, comme on peut, de combler ce bloc de vie solitaire par des mouvements destinées à l'animer autrement que par le sens du devoir. Fuir dans la joie d'offrir le bonheur à une autre personne. Croire que nous sommes les deux seuls êtres vivants qui restent au monde et joindre à notre union une félicité qui restera perdue longtemps dans notre tête gavée d'alcool. Se servir de ce souvenir flou pour mieux survivre aux lendemains qui se répètent de façon si dramatique.
dimanche 16 mars 2008
1.
Le rêve d'avoir une vie remplie d'exaltations, d'admirateurs, de projets ambitieux et réalisés, comme une vedette qui a la Terre entière dans sa main plutôt que d'avoir la vie d'une étudiante à Montréal, qui rêve d'alcool sans s'endetter.