samedi 24 janvier 2009

89.

Deutsch nur, weil ich wirklich Sie nicht will, verstehen, was ich sagen will. Und auf jeden Fall, bin ich sicher Sie sind nicht bedenkt, kummern sich nicht um, was ich denke, was ich mache. Genau wie ihr.

Gestern Nacht war eine fremde Nacht. Als er hat gefragt mich wie unser Verhältnis ist, habe ich erkannt, dass es nicht völlig ein Spiel war, und ich könnte nicht handeln jedoch ich fühle zu ihr. Und ich habe Gefühl angefangen, das von der Lage genommen gefangen worden ist; kein Atmen, keine wirkliche freie Freiheit.

Kein wirkliches Recht zu weinen auch.
Aber mein Körper ist noch voller schlechten Geschlechts Riechen, und ich sollte hatte Schuld dafür fühlen.

jeudi 22 janvier 2009

88.

L'appeler à revenir, à l'asseoir sur la scène du crime, à le regarder dans les yeux et à l'accuser.

- Tu lui as dit quoi? Dis-moi ce que tu lui as dit. Je sais que tu lui as parlé. Dis-le-moi.

Et il dément. Trouve une excuse qui paraît valable que parce que le temps à la réflexion n'est pas présent.

Moment d'accalmie. Changement de sujet. Puis le retour.

- Tu lui as parlé. Ça ne se peut pas d'avoir des doutes juste à cause de ça.
- Tu veux savoir? Oui je lui ai parlé. J'ai même une conversation MSN si tu veux savoir. Bon, ce n'est qu'un retour mais tu pourras voir qu'il y a eu une discussion auparavant.
- Tu lui as dit quoi?

Et il radote ce que je lui avais demandé de faire il y a si longtemps: "Demandes-lui ce qu'il fait avec moi, rends-le conscient que je l'aime et que s'il joue avec moi, qu'il doit cesser, que ce n'est pas correct. Demandes-lui s'il m'aime vraiment."

- Et il a répondu quoi? Qu'est-ce qu'il a dit? Allez! Dis-le-moi! Je veux savoir!
- Il a dit qu'il s'en foutait de toi.

Silence, comme au théâtre, que pour mieux faire percer le cri à travers l'air.

- Je n'te crois pas.

Et c'est vrai, qu'il m'a dit, qu'il m'a interrompu, presque une main sur la bouche par la force de ses yeux.

- Je ne te crois pas! Si tu dis ça... et que ce n'est pas vrai.. si tu dis ça... tu verras! Ce n'est pas vrai! Si --- tu dis ça dans un but personnel...
- Quoi?

Et quelque chose dans ses yeux s'illuminent.

- Si tu fais ça, dans le seul but de détruire... Oh! Je ne te dis pas...

Mais il a déjà détruit. Et la réflexion continue, dans ce climat de paranoïa incompréhensible.

- Gossip girls. Voilà. J'ai l'impression d'être dans un Gossip girls.

Il rit, s'amuse de ce jeu. "Mais il n'y a que deux gars." Oh non! mais si tu savais le nombre de gars qui croisent ma route... Oh! si tu savais qu'un peu! Bien que ce ne soit que du tennis -pour être vulgaire- que d'un revers de main, je renvoies la balle au camps averse avant de m'enfuir, c'est toujours une fuite, car elle revient toujours cette balle, parfois d'une partie adverse différente, parfois par la même, avec plus d'acharnement...

Regardes avec quel acharnement --- a cherché à me contacter, le soir dernier, en appelant, à Sherbrooke, mon copain, comment il t'a énervé, pour avoir mon numéro, comment il a fouillé parmi les gens que je connaissais pour espérer pouvoir me parler, me rejoindre, ce soir-là.

- Tu n'es pas réellement amoureuse de lui.
- Alors qu'est-ce que c'est, si ce n'est pas de l'amour?
- De l'attachement, un brin plus élevé que les attachements normaux.

Oui et alors? Alors? Il est un brin plus élevé et ça suffit.

Et peut-être que non, ça ne suffit pas. Si j'ai passé le cours à penser à lui, à essayer de comprendre ce qui n'allait pas, c'est que ce brin n'est pas suffisant pour me permettre de m'oublier.

Cette main sur mon ventre, je l'ai aimé parce qu'elle trahissait cette fausse envie de stabilité que je me suis créée. Oui c'est ça... Lui, toi ou un autre, ça ne change rien; l'impression de cette emprisonnement, de ce désordre arrivée par la constance restera toujours présente.

Alors, dis-moi ---, garder le secret, ne rien dire sur tout ceci, garder l'interdit, ça te dit, ça te tentes, ça t'intéresses?

87.

Hier, ça faisait 11 ans que tu es mort Papa.
Je souhaite encore croire pouvoir un jour te rencontrer sur la rue et garder le secret de ton existence dans mon cœur, pour moi toute seule.

mercredi 21 janvier 2009

86.

Il m'aime.
L'autre aussi.
Et moi, je suis prise entre les deux. Entre l'amour véritable et la sympathie d'une réciprocité qui n'existe pas. Et l'autre, le second, jongle entre l'amitié d'un ami cher et l'amour d'une fille avec qui il apprécie beaucoup passé du temps. Et le premier se doute de l'amour de son ami pour celle qui l'aime et se questionne sur la réaction de la concerner face à celui-ci.

Et la fille, elle, sent l'étau se refermer autour d'elle de plus en plus.

lundi 19 janvier 2009

85.

Il me l'a avouer, son amour, avec des yeux remplis de douleurs et des mains dédaigneuses de mon corps tant il était répugné de cette non-réciprocité. Mais c'était d'un respect spectaculaire alors qu'il aurait pu simplement me cracher au visage et partir dégoûté de mon amour pour son ami.

dimanche 18 janvier 2009

84.

Dostoïevski dans Le Rêve d'un homme ridicule parlait d'animaux vaincus par l'amour des hommes qui les empêchaient de manger ces derniers.

Je suis restée accrochée à cette phrase: "Vaincus par l'amour."

En pensant à mon histoire avec lui, j'ai compris la fatalité de l'amour véritable; celle qui change la nature profonde d'un être, jusqu'à lui faire oublier ses instincts primaires. Qui change la morphologie, le rythme cardiaque, la pensée. Qui se répand dans le corps, tel un virus, et dicte une façon nouvelle d'agir.

J'ai été surprise de me voir vaincue à ce point par l'amour.
Je ne l'ai pas invité chez moi.
Je n'ai même rien fait en ce sens.
Et sa présence m'aurait irritée, fait mal, peinée.

Cet homme m'a emprisonné et je reste docile à ma capture.

vendredi 16 janvier 2009

83.

Trois heures au téléphone à se parler.
Clore l'entretien téléphonique par SMS:

"Tu sais quoi? Tu es le seul avec qui je peux discuter autant au téléphone sans m'ennuyer. Et même que j'aime ça."

Et lui:
"Tu sais quoi? Tu es la seule avec qui j'ai pu autant me rapprocher. Moi aussi j'aime ça te parler."

Et il reçoit, en guise de réponse:
"J'aurais bien le corps tout scrapé s'il fallait véritablement tombé quand on est amoureuse."

Le doute et la distance, ça a ça de bien: pouvoir tomber indéfiniment amoureuse de celui qu'on aime, comme au premier jour.

82.

Comme j'ai besoin de me sentir aimer ces temps-ci...

Si tu ne viens pas en fin de semaine, je l'invite.
Je l'invite chez moi.
Et après, on verra.
Ça dépendra de lui.

Mais j't'aime quand même.

81.

Égalité sur la table. Nous nous battons pour la noire qui s'efforce à ne jamais rentrer. Je me concentre sur la balle, un peu énervée de cette longévité. Derrière moi, trois gars.

- Tu trouves pas que c'est sexy une femme qui sait jouer au billard?

Concentration...

mercredi 14 janvier 2009

80.

Tu devrais savoir, puisque tu étudies en science, que toute force qui se heurte à une force plus grande est renvoyée décuplée à son origine. C'est pour ça que j'aurais besoin de toi à mes côtés. Parce que c'est dur d'être en amour seule. Et aussi parce que l'amour des autres, qui ne m'intéresse pas, me touche quand même par son charme. Et je me sens faible devant leurs yeux choqués, leurs mains ligotés, leur bouche bâillonnée. Parce que je connais leur souffrance et suis faible devant l'amour des autres pour moi.

Je serai forte, ne t'inquiètes pas. J'essaierai, parce que ce n'est pas une excuse à tes yeux. Moi je t'aime, et je ne veux pas te décevoir. Alors je serai forte, le plus que je peux. Mais j'aurais tellement besoin de toi, à mes côtés, pour m'aider à ne pas vaciller.

Mais j'essaierai, comme je t'ai dit. Souhaites-moi juste bonne chance.

79.

Je veux t'appartenir.

mardi 13 janvier 2009

78.

Étudier en littérature, mais faire des mathématiques.
Vitesse moyenne de lecture: 130 à 170 mots minutes.
Nombre de mots dans une page: 350 à 550.
Moyenne du nombre de livre à lire par semaine: 7.

1200 pages à lire, minimum, par semaine.
C'est donc minimum 20 heures de lecture par semaine.
Plus les travaux, analyses, devoirs, notes, révision, etc.

Avec le travail, les sortis, le gym, le tournage du film, la danse, le tae know do et le magazine, j'y arriverais pas.

Impasse.

1.
Le problème, c'est peut-être le rêve.
Le rêve d'avoir une vie remplie d'exaltations, d'admirateurs, de projets ambitieux et réalisés, comme une vedette qui a la Terre entière dans sa main plutôt que d'avoir la vie d'une étudiante à Montréal, qui rêve d'alcool sans s'endetter.

77.

Un mensonge au travail.
105$ d'épicerie.
1h30 de transport en commun avec deux sacs d'épicerie lourds.
Deux heures à cuisiner.
Et un coup de téléphone pour dire que l'avion a un retard de trois heures.
La famille... ça n'a pas de prix, mais tout de même...

76.

Il rappelle enfin, après cette soirée affreuse où l'alcool a soulé plus que son corps. Mais mon cellulaire était mort.

lundi 12 janvier 2009

75.

Se réveiller tôt le matin pour aller travailler et sentir que son corps se rappelle encore des trois verres de vin bu au souper, des deux pichets de bière et des quelques autres verres pris ici et là, du Baileys on the rock, des shoots de Goldschläger, de Jägermeister, de vodka, de tequila, de gin...

Et ne pas arriver à croire qu'on se retrouve quand même, le soir, dans un bar, de nouveau.

dimanche 11 janvier 2009

74.

No sabía que el amor fue también dolor.

73.

Quelque chose cloche. Tes mains sont encore gelés et tu m'embrasses comme un fou au milieu de l'appartement. Voilà une semaine que je ne t'ai pas vu. J'ai envie de te parler. De blablater, tu sais. Mais je suis d'accord avec toi, on est plus confortable couchés sur le lit.

Mais quelque chose cloche. Tu m'embrasses pour me taire. Tu ne m'as pas touché depuis une semaine, tes mains sont amnésiques et sont excités de se rappeler.

Moi aussi je suis excitée. Mais pas comme ça. J'ai besoin de plus qu'un "Je t'aime, tu m'as manqué." C'est facile pour toi de le dire, je le sais. Mais dans l'empressement, ces mots deviennent des formalités agaçantes à mon oreille. On ne dit pas cela comme ça...
Je ne t'ai pas trouvé charmant, cette soirée-là.
Non...
Loin de là.

samedi 10 janvier 2009

72.

Par SMS à mon amie C.
"Y'a une fille dans le bus, avec un manteau beige magnifique qui lui fait vraiment une jolie taille. Elle a un sac beige et brun, un béret charmant brun et des bottes hautes et brunes. Elle est vraiment belle...
J'ai envie de la pousser dans la sluch."

71.

Sur MSN:
"Bonjour, tu te rappelles de moi? La Canadienne que t'as rencontré en Corse qui vivait en Allemagne mais qui passait ses vacances en Italie?"

70.

Finalement, les tests, rien. Qu'une seringue en vain dans le bras et une mention de repos à considérer quelques semaines après.

vendredi 9 janvier 2009

69.

Il a dit: "J'ai hâte de te serrer dans mes bras."
Et j'ai trouvé ça infiniment touchant.

mercredi 7 janvier 2009

68.

Le voir sur l'écran et l'entendre. Ses cheveux en bataille, son air désabusé, toujours, son visage, son regard... et ne pas pouvoir lui toucher, ne pas pouvoir l'embrasser, et se sentir loin de lui, se sentir prise, comme en prison et savoir ne rien pouvoir faire avant cette fin de semaine, qui est pourtant, si loin, occupée et incertaine.

lundi 5 janvier 2009

67.

- Que fais-tu à ta fête?
- J'essaie de survivre à mes lendemains de veille.

dimanche 4 janvier 2009

66.

Un bouquet de fleur m'était destiné ce matin. Un gros, il paraît. Pour ma fête.
Mais il s'est trompé d'adresse et c'est sa soeur qui l'a reçu.
C'est mignon. Ça m'a fait rire et sourire.

65.

La rate qui fait mal...
Ou alors c'est mon coeur...
Dans les deux cas, les organes sont dans le même coin et sont fragiles.
Dans les deux cas, c'est des cas graves.

samedi 3 janvier 2009

64.

Apprendre une nouvelle langue, comme conquérir un monde.
Parler arabe, juste pour pouvoir te dire: "Je t'aime" et me sentir plus près de toi.
Nhabak. Nhabak. Nhabak.
Mais toujours, ça ne suffit pas assez.

Voilà pourquoi je ne te le dis jamais.
Je t'aime. I love you. Te quiero. Ich liebe dich. Nhabak...
Ce n'est toujours pas assez. Ce n'est toujours pas cela.
Ce n'est jamais assez.

63.

Ne pas vouloir le voir seul, car l'envie de pleurer serait plus forte que n'importe quoi d'autre. Sentir que sa présence agressera, espérer que finalement, il ne vienne pas...

Mais il est venu. Et les moments passés ont été bien, merveilleux. Qu'à chaque fois que je sentais un vide, un baiser, un regard ou une parole m'était destiné pour chasser l'ennuie que son départ me cause.

"Je reviendrais à Montréal que pour te voir; je ne dirais même pas à mes parents que j'suis là, et on passera tout le week-end ensemble."

"Tu seras le bienvenue tout le temps chez moi. Pas la peine d'appeler pour me demander si c'est bon ou non. Appelles et dis: "J'arrive", c'est tout. Chez moi, c'est chez toi aussi."

"Tu viendras chez moi?"

"Je t'aime. Nhabak 3omri."

vendredi 2 janvier 2009

62.

Lui crier des fuck you, over and ever sur la tête. L'envoyer chier, en arabe, en allemand, en anglais, en français, en espagnol. Lui faire comprendre à quel point je le sens injuste, lui ou l'amour en général, mais à quel point son départ me déchire, entre la solitude et l'espoir, à quel point il me place dans une situation précaire, indécise.

Vouloir le battre de partir sans une larme, de n'avoir que des paroles de réconfort que je ne crois pas. "Je reviendrais tous les week-ends." Mais ce n'est pas vrai. Moi je le sais que ce ne sera pas vrai. Que d'une semaine à l'autre, l'habitude de ne pas se voir se présentera et qu'un jour, on s'oubliera.

Et je n'ai pas envie de ça. Parce que ça voudra dire ensuite devoir faire de la place pour un autre homme. Recevoir les mains d'un autre encore sur mon corps, et avoir dans la tête des archives de plus de souvenirs brouillés d'hommes, d'amants, de personnes de passage qui ne sont pas restés, que je n'ai pas su retenir auprès de moi.

61.

Vouloir lui faire comprendre que son départ imminent me fait mal, que je le sens comme une trahison. Vouloir y dire: "C'est toi, que toi, que je veux. Les autres hommes m'agressent. Je ne veux que toi et auprès de moi."
Mais ne pas y arriver.
Et se sentir blesser dans cet amour.

Se rappeler le SMS, la phrase qui amène ce qu'on sait et veut oublié à la réalité brute et dure: "Je pars samedi."

Tu pars samedi, oui. D'accord.
Puis après, vouloir reprendre le droit qu'il m'a donné, que je ne mettais jamais permise d'avoir sur lui; celui d'avoir des attentes, et avoir l'attente qu'il reste, finalement, envers et contre tout.

60.

Il a dit, soudain, d'une voix terrible, d'une voix jalouse que je ne lui connaissais pas, d'une voix qui m'a transpercée de l'intérieur et faite peur, il m'a dit de cette voix forte et masculine: "Je ne veux pas qu'aucun autre homme que moi te touches. Pas même la main, pas même les cheveux, pas même rien. Tu as compris? Je ne veux pas qu'aucun homme ne pose la main sur toi."

Mais tout en ayant peur, sentir quel amour lui dictait ses paroles...

59.

L'autre fois, une journée complète au lit.
L'autre fois, une journée complète à faire l'amour sous les couvertures, à regarder les ombres du jour courir sur le visage de l'autre, à se toucher, à s'aimer, à parler de choses et d'autre. L'autre fois, une journée complète à faire l'amour au lit, comme deux enfants qui s'aiment tendrement.

mercredi 31 décembre 2008

58.

Pars-tu loin de moi parce que tu as peur? T'en vas-tu parce que, couché sur moi, tu as peur, encore, de me faire mal? Ce n'est pas grave, mon amour. Je t'aime encore, même si je ne te le dis jamais. Le mal ne m'a jamais empêché d'aimer. Je suis de nature naïve, tu sais. Mais là, et surtout là, le mal, il ne vient pas de toi, alors tu n'as aucune raison d'avoir peur. J'ai besoin de toi. Reviens à moi, mon amour.

Québec et Sherbrooke ne sont pas très loin de Montréal. Mais c'est quand même plus loin qu'à côté de chez moi. Mon amour, reviens. Ici, dans cette ville froide et grise, je me sens seule. Je suis partagée entre l'envie de sur-utiliser les SMS et celle de te laisser tranquille, de ne pas t'ennuyer avec mes états d'âmes.

Tu sais, moi aussi j'ai peur. J'ai peur d'être malade. Mais j'ai peur de trop t'aimer surtout. Et de te perdre également. Et je tomberais dans une tristesse infinie de savoir que je t'ai perdu pour l'une de ces deux raisons. L'une aurait été hors de ma volonté et l'autre serait l'aboutissement d'efforts vains à restreindre mes caresses et mes baisers envers toi.

Mon amour, j'ai peur de beaucoup de choses. J'aimerais que tu me serres dans tes bras, juste pour avoir, au moins l'illusion, si ce n'est pas la réalité, que toi, tu es là, et que ton amour est une chose précieuse sur laquelle je peux compté y trouver confort quand l'épuisement devient trop lourd à supporter.

lundi 29 décembre 2008

57.

Il paraît que j'ai tous les symptômes d'une femme enceinte.


Mais ce n'est pas ça.
Il ne le faut pas.
Sinon, c'est autre chose de quand même désagréable.

mercredi 24 décembre 2008

56.

"Tu es facile à aimer", qu'un jour qu'on lui a dit. Sans vraiment savoir ce que cela voulait dire, elle s'est tue et a détourné la tête.

Facile à aimer.

Plus loin dans sa vie, elle se rend compte combien il est facile de s'éprendre d'elle; combien il est facile de l'aimer, sans savoir véritablement de quel amour il est question.

"Tu es facile à aimer", qu'il lui avait dit, comme un animal traqué, comme un marin charmé, ensorcelé par le chant d'une sirène. Mais elle n'avait jamais chanté...

Elle ne chante que rarement, n'abuse de son chant que pour en soutirer des avantages auxquels elle se sent permise d'utiliser. Mais pour charmer, elle ne chante jamais, ne veut pas conquérir l'amour mais veut le voir arriver à elle naturellement.

Mais elle est "facile à aimer", chante sans s'en rendre compte, se fait éprendre d'hommes qu'elle ne connait pas alors qu'elle se trouve dans les bras d'un autre qu'elle aime vraiment.

Et son chant continue de flotter dans les airs, comme un parfum agité, encore plus fort qu'auparavant, car c'est dans l'innocent qu'on l'aime, dans son air de petite fille apeurée, qui se sent dépassée par l'amour qu'on lui accorde, qu'on se prend à l'aimer, encore plus fort, plus virilement, plus intensément qu'auparavant...

mardi 23 décembre 2008

55.

Pas de réponse au changement de statut de relation sur Facebook.
On s'en fout, on s'en fout pas.
Dit-moi pourquoi tu me dis "Je t'aime" et que ta bouche vient sur la mienne devant tes amis et pourquoi tu n'acceptes pas ce nouveau statut.

Au fond, je le sais. Trop rapide. Trop direct. Trop confirmé.
Au fond, moi aussi, je paniquerais de ton côté.
Au fond, c'est au cas où l'autre, "la bonne", la "personne idéale" se présente.
Au fond, je comprends. Moi aussi je l'attends, celle-là.
Aussi, je t'ai dit: "Je n'attends rien de toi. Même que ton "Je t'aime" c'était au-dessus de mes attentes."
Mais là, j'attends une confirmation qui ne vient pas.
Au fond, c'est mon erreur, hein?

lundi 22 décembre 2008

54.

Un son de piano qui résonne dans la pièce, elle, couchée sur le dos, les mains relevées au-dessus de la tête, les cheveux placés négligemment sous elle, et lui, au-dessus d'elle, qui la regarde, et puis soudain, d'une gamme trop fort, il s'arrête, élève la voix et lance l'ordre de ne plus bouger.

"Reste comme ça. Ne bouge plus. Tu es trop belle comme tu es, avec la tête un peu tournée. Tu es vraiment belle."

dimanche 21 décembre 2008

53.

Son premier "Je t'aime", et je l'aime encore plus pour cela.

52.

Son premier "Je t'aime", et c'est assez. Vrai ou pas. J'y crois.

51.

Son premier "Je t'aime", couchés, sur le divan, dans mes bras.

50.

Son premier "Je t'aime", contre toutes espérances.

samedi 20 décembre 2008

49.

Son premier "Je t'aime"

dimanche 14 décembre 2008

48.

Une soirée, il lui a dit: "Je ne suis pas le premier pour elle, et malheureusement, je ne serai pas le dernier."

Et en revenant des toilettes où elle m'a tout rapporté, je l'ai embrassé pour la première fois de la soirée.

jeudi 11 décembre 2008

47.

S'endormir dans ses bras... ou dans l'innocence et la naïveté.
Mais s'endormir avec la chaleur de son corps à ses côtés.
C'est suffisant.

mercredi 10 décembre 2008

46.

Vouloir en finir avec cet amour qui n'aboutit pas. Et au moment où l’on passe au combat, croire que tout est fichu et qu’on tombera au champ. Et lorsque l’on pense fermer les yeux à jamais, on sent une main glissée dans la sienne et s’y refermer pour la presser.

lundi 8 décembre 2008

45.

"Comprends-tu si je te dis que je suis attirée vers toi, mais que j'ai peur de te rejoindre, car je n'ai pas le pied marin et que de la terre, où je suis, à ton radeau, il y a entre les deux, une très grande transition, un grand pas à faire qui me donne le vertige et me fait peur."


Et après un long silence, il m'a dit: "Oui, je comprends. Et je suis désolé."

J'aimerais le croire.

samedi 6 décembre 2008

44.

L'amour maritime,
Sur l'océan de peine,
Où l'eau est noire,
Où l'eau est profonde,
Où l'on connaît le fond,
Que pour y avoir sombrer,
Un soir où la sirène a trop chanter,
Un soir où le coeur était trop seul,
Au milieu de ce navire d'hommes,
Qu'il donne mal au coeur,
Cet amour maritime,
Qu'il donne mal au coeur,
Ce lent vas-et-viens,
Et comme il est vertigineux,
Comme il est maladif,
Cet amour illégitime,
S'il ne finit pas dans un creux,
C'est qu'il s'échouera sur un récif.

Oh! L'amour maritime,
Qu'on laisse au bord d'un quai,
D'une petite ville anonyme,
En se promettant bien naïvement,
En se trompant, en mensongeant,
De revenir bien vite retrouver,
Lorsqu'au détour d'un raccourci,
On y trouvera un peu de temps,
Et le temps qu'on aura,
Sera un temps de moins,
Que ce qu'il faudrait,
Pour se rendre compte de combien,
Si l'on s'aime tant, c'est que le temps nous restreint,
Et qu'avec un temps de plus,
On n'en voudrait plus,
De cet amour maritime,
De cet attention défective.

43.

Offrir. Tout offrir. Et se rendre compte que ce n'est pas assez. Ou alors, c'est trop.

jeudi 4 décembre 2008

42.

Vomir sur le passé. Y être tant dégoûtée qu'avoir envie seulement de courir en direction opposée, la tête baissée, vers le futur. Y être tant absorbée, tant empressée, que d'avoir la bouche close et les yeux fermés sur le présent. Et avoir peur de toute interaction trop directe avec le moment présent. De peur d'être ramener trop rapidement vers l'arrière, d'être encore trop près du passé.

Et finalement, ne jamais vivre que dans un futur qui n'existe pas.
Et autrement, ne jamais vivre tout simplement.

mercredi 3 décembre 2008

41.

Il est tard. Les derniers métros foncent vers leur lit pour la nuit. Je m'y engouffre, la tête épuisée d'alcool, les poches pleines d'argent d'hommes en manque d'affection et fous d'un sourire qui ne vaut rien.

Après une série de noms de station, je ressors des profondeurs de la terre pour me rendre compte que plus aucun autobus ne passe. Les taxis sont rares et ceux qui passent sont déjà pris. J'ai la lourdeur d'une nuit de 7 heures qui me tombe sur la tête et un sac de vingt milles tonnes, il me semble, sur une épaule. Il ne fait pas si froid et j'aurais apprécié marcher le 20-25 minutes qu'il me fallait mais ce soir, c'était épuisant au travail, avec cet homme prêt à me donner un billet d'avion pour une des plages du Mexique, cet autre qui m'écrit un roman sur un bout de papier, pour me dire comment il a apprécié passer sa soirée avec moi et qui me laisse, en guise de signature, son numéro de téléphone. Sans oublier l'autre assis loin au bar, qui ne cessait de me regarder que pour boire sa bière. Où l'autre encore qui me commandait n'importe quoi que pour me parler alors qu'il savait pertinemment que je ne travaillais pas dans la section où il était assis.

Marcher dans cette nuit, c'était donc trop. Je me mets à chercher un taxi, en déniche un après une dizaine de minutes de marche même si je suis rendue à un point où ça ne vaut peut-être plus la peine d'en prendre un.

L'homme embraye immédiatement la conversation. "Tu as l'air fatiguée" qu'il me dit et je lui réponds qu'il a raison, en enchaînant la discussion sur un sujet plus léger que ma fatigue.

Le Taximan fait un U-Turn au milieu de la rue après lui avoir dit où je restais. On continue à parler et passe une rue sur laquelle je pensais qu'on tournerait. Il s'arrête sur le nom de ma rue pour se rendre compte qu'il s'agit d'un One Way. Nouveau U-Turn. Je regarde le compteur: déjà 4,35$ que pour revenir au point de départ. Il y a des choses plus dramatiques qu'un 5$ mais quand même. Je lui donne les intersections où aller et on y va, moi d'une conversation légère sur mes voyages qu'il me demande de raconter et lui d'un pied léger sur la pédale.

Sur le chemin, il parle d'enfants et je parle de liberté. Il parle d'amour et je parle de voyage. Il parle "dans l'ordre commun des choses qui va" et je parle divagation, légèreté et insouciance. Et dans un accent d'un pays chaud loin d'ici, il me demande mon âge et soudain, il comprend. Semble impressionné de mon passé, de mes expériences.

Le taxi arrive devant chez moi. Le compteur indique 7,90$ et je soupire de constater que pour ce montant là, j'aurais pu partir du centre-ville et arriver plus tôt chez moi. Je sors un dix, le lui tend. L'homme se retourne, me regarde dans la lumière du plafond du taxi. Ce sont tes vrais yeux, me demande-t-il. Et je lui réponds que oui, avec juste un dollar de retour, s'il vous plaît. Il me donne le rond, fixe son regard dans mes yeux, comme sans vraiment pouvoir y croire. Je m'empresse de sortir, d'un sourire et d'un merci poli.

En arrivant chez moi, c'est la noirceur de l'appartement et la glace du miroir qui m'accueille. "Ce sont tes vrais yeux?" qu'il me dit, et je me regarde dans le miroir en voyant deux pâles auréoles bleus-gris, fatiguées d'étinceler et vais me coucher sans vraiment comprendre l'étonnement du Taximan, ni plus ceux de tous ces hommes croisés au bar ou dans la rue, ceux d'aujourd'hui et ceux d'hier, et aussi, peut-être, fort probablement, ceux de demain...

lundi 1 décembre 2008

40.

Repenser au Japon et avoir les souvenirs brouillés par des images préconçues. Mais quand même, se rappeler des nuits passées sur les tatamis, se rappeler la fraicheur de l'hiver japonais qui passe à travers les fenêtres... Avoir la salive qui monte en repensant à ce goût unique des udons... Sentir l'odeur du thé vert brûlant servi au repas... Se remémorer les sons du train et cette voix qui annonce la station de l'auberge. Ressentir la quiétude du premier jour de janvier à Kyoto lorsque la ville semble encore endormie d'une soirée passée au temple à célébrer et à manger près des feux, en sonnant des cloches et en priant...

Et avoir le coeur qui s'accélère sous la décision d'y retourner, dans trois ans, pour y vivre un an et déjà s'enthousiasmer des préparatifs à faire d'ici là et de l'apprivoisement d'une langue si éloignée de toutes celles qui nous entourent...

S'exciter déjà du soleil levant de demain.