mardi 13 janvier 2009

76.

Il rappelle enfin, après cette soirée affreuse où l'alcool a soulé plus que son corps. Mais mon cellulaire était mort.

lundi 12 janvier 2009

75.

Se réveiller tôt le matin pour aller travailler et sentir que son corps se rappelle encore des trois verres de vin bu au souper, des deux pichets de bière et des quelques autres verres pris ici et là, du Baileys on the rock, des shoots de Goldschläger, de Jägermeister, de vodka, de tequila, de gin...

Et ne pas arriver à croire qu'on se retrouve quand même, le soir, dans un bar, de nouveau.

dimanche 11 janvier 2009

74.

No sabía que el amor fue también dolor.

73.

Quelque chose cloche. Tes mains sont encore gelés et tu m'embrasses comme un fou au milieu de l'appartement. Voilà une semaine que je ne t'ai pas vu. J'ai envie de te parler. De blablater, tu sais. Mais je suis d'accord avec toi, on est plus confortable couchés sur le lit.

Mais quelque chose cloche. Tu m'embrasses pour me taire. Tu ne m'as pas touché depuis une semaine, tes mains sont amnésiques et sont excités de se rappeler.

Moi aussi je suis excitée. Mais pas comme ça. J'ai besoin de plus qu'un "Je t'aime, tu m'as manqué." C'est facile pour toi de le dire, je le sais. Mais dans l'empressement, ces mots deviennent des formalités agaçantes à mon oreille. On ne dit pas cela comme ça...
Je ne t'ai pas trouvé charmant, cette soirée-là.
Non...
Loin de là.

samedi 10 janvier 2009

72.

Par SMS à mon amie C.
"Y'a une fille dans le bus, avec un manteau beige magnifique qui lui fait vraiment une jolie taille. Elle a un sac beige et brun, un béret charmant brun et des bottes hautes et brunes. Elle est vraiment belle...
J'ai envie de la pousser dans la sluch."

71.

Sur MSN:
"Bonjour, tu te rappelles de moi? La Canadienne que t'as rencontré en Corse qui vivait en Allemagne mais qui passait ses vacances en Italie?"

70.

Finalement, les tests, rien. Qu'une seringue en vain dans le bras et une mention de repos à considérer quelques semaines après.

vendredi 9 janvier 2009

69.

Il a dit: "J'ai hâte de te serrer dans mes bras."
Et j'ai trouvé ça infiniment touchant.

mercredi 7 janvier 2009

68.

Le voir sur l'écran et l'entendre. Ses cheveux en bataille, son air désabusé, toujours, son visage, son regard... et ne pas pouvoir lui toucher, ne pas pouvoir l'embrasser, et se sentir loin de lui, se sentir prise, comme en prison et savoir ne rien pouvoir faire avant cette fin de semaine, qui est pourtant, si loin, occupée et incertaine.

lundi 5 janvier 2009

67.

- Que fais-tu à ta fête?
- J'essaie de survivre à mes lendemains de veille.

dimanche 4 janvier 2009

66.

Un bouquet de fleur m'était destiné ce matin. Un gros, il paraît. Pour ma fête.
Mais il s'est trompé d'adresse et c'est sa soeur qui l'a reçu.
C'est mignon. Ça m'a fait rire et sourire.

65.

La rate qui fait mal...
Ou alors c'est mon coeur...
Dans les deux cas, les organes sont dans le même coin et sont fragiles.
Dans les deux cas, c'est des cas graves.

samedi 3 janvier 2009

64.

Apprendre une nouvelle langue, comme conquérir un monde.
Parler arabe, juste pour pouvoir te dire: "Je t'aime" et me sentir plus près de toi.
Nhabak. Nhabak. Nhabak.
Mais toujours, ça ne suffit pas assez.

Voilà pourquoi je ne te le dis jamais.
Je t'aime. I love you. Te quiero. Ich liebe dich. Nhabak...
Ce n'est toujours pas assez. Ce n'est toujours pas cela.
Ce n'est jamais assez.

63.

Ne pas vouloir le voir seul, car l'envie de pleurer serait plus forte que n'importe quoi d'autre. Sentir que sa présence agressera, espérer que finalement, il ne vienne pas...

Mais il est venu. Et les moments passés ont été bien, merveilleux. Qu'à chaque fois que je sentais un vide, un baiser, un regard ou une parole m'était destiné pour chasser l'ennuie que son départ me cause.

"Je reviendrais à Montréal que pour te voir; je ne dirais même pas à mes parents que j'suis là, et on passera tout le week-end ensemble."

"Tu seras le bienvenue tout le temps chez moi. Pas la peine d'appeler pour me demander si c'est bon ou non. Appelles et dis: "J'arrive", c'est tout. Chez moi, c'est chez toi aussi."

"Tu viendras chez moi?"

"Je t'aime. Nhabak 3omri."

vendredi 2 janvier 2009

62.

Lui crier des fuck you, over and ever sur la tête. L'envoyer chier, en arabe, en allemand, en anglais, en français, en espagnol. Lui faire comprendre à quel point je le sens injuste, lui ou l'amour en général, mais à quel point son départ me déchire, entre la solitude et l'espoir, à quel point il me place dans une situation précaire, indécise.

Vouloir le battre de partir sans une larme, de n'avoir que des paroles de réconfort que je ne crois pas. "Je reviendrais tous les week-ends." Mais ce n'est pas vrai. Moi je le sais que ce ne sera pas vrai. Que d'une semaine à l'autre, l'habitude de ne pas se voir se présentera et qu'un jour, on s'oubliera.

Et je n'ai pas envie de ça. Parce que ça voudra dire ensuite devoir faire de la place pour un autre homme. Recevoir les mains d'un autre encore sur mon corps, et avoir dans la tête des archives de plus de souvenirs brouillés d'hommes, d'amants, de personnes de passage qui ne sont pas restés, que je n'ai pas su retenir auprès de moi.

61.

Vouloir lui faire comprendre que son départ imminent me fait mal, que je le sens comme une trahison. Vouloir y dire: "C'est toi, que toi, que je veux. Les autres hommes m'agressent. Je ne veux que toi et auprès de moi."
Mais ne pas y arriver.
Et se sentir blesser dans cet amour.

Se rappeler le SMS, la phrase qui amène ce qu'on sait et veut oublié à la réalité brute et dure: "Je pars samedi."

Tu pars samedi, oui. D'accord.
Puis après, vouloir reprendre le droit qu'il m'a donné, que je ne mettais jamais permise d'avoir sur lui; celui d'avoir des attentes, et avoir l'attente qu'il reste, finalement, envers et contre tout.

60.

Il a dit, soudain, d'une voix terrible, d'une voix jalouse que je ne lui connaissais pas, d'une voix qui m'a transpercée de l'intérieur et faite peur, il m'a dit de cette voix forte et masculine: "Je ne veux pas qu'aucun autre homme que moi te touches. Pas même la main, pas même les cheveux, pas même rien. Tu as compris? Je ne veux pas qu'aucun homme ne pose la main sur toi."

Mais tout en ayant peur, sentir quel amour lui dictait ses paroles...

59.

L'autre fois, une journée complète au lit.
L'autre fois, une journée complète à faire l'amour sous les couvertures, à regarder les ombres du jour courir sur le visage de l'autre, à se toucher, à s'aimer, à parler de choses et d'autre. L'autre fois, une journée complète à faire l'amour au lit, comme deux enfants qui s'aiment tendrement.

mercredi 31 décembre 2008

58.

Pars-tu loin de moi parce que tu as peur? T'en vas-tu parce que, couché sur moi, tu as peur, encore, de me faire mal? Ce n'est pas grave, mon amour. Je t'aime encore, même si je ne te le dis jamais. Le mal ne m'a jamais empêché d'aimer. Je suis de nature naïve, tu sais. Mais là, et surtout là, le mal, il ne vient pas de toi, alors tu n'as aucune raison d'avoir peur. J'ai besoin de toi. Reviens à moi, mon amour.

Québec et Sherbrooke ne sont pas très loin de Montréal. Mais c'est quand même plus loin qu'à côté de chez moi. Mon amour, reviens. Ici, dans cette ville froide et grise, je me sens seule. Je suis partagée entre l'envie de sur-utiliser les SMS et celle de te laisser tranquille, de ne pas t'ennuyer avec mes états d'âmes.

Tu sais, moi aussi j'ai peur. J'ai peur d'être malade. Mais j'ai peur de trop t'aimer surtout. Et de te perdre également. Et je tomberais dans une tristesse infinie de savoir que je t'ai perdu pour l'une de ces deux raisons. L'une aurait été hors de ma volonté et l'autre serait l'aboutissement d'efforts vains à restreindre mes caresses et mes baisers envers toi.

Mon amour, j'ai peur de beaucoup de choses. J'aimerais que tu me serres dans tes bras, juste pour avoir, au moins l'illusion, si ce n'est pas la réalité, que toi, tu es là, et que ton amour est une chose précieuse sur laquelle je peux compté y trouver confort quand l'épuisement devient trop lourd à supporter.

lundi 29 décembre 2008

57.

Il paraît que j'ai tous les symptômes d'une femme enceinte.


Mais ce n'est pas ça.
Il ne le faut pas.
Sinon, c'est autre chose de quand même désagréable.

mercredi 24 décembre 2008

56.

"Tu es facile à aimer", qu'un jour qu'on lui a dit. Sans vraiment savoir ce que cela voulait dire, elle s'est tue et a détourné la tête.

Facile à aimer.

Plus loin dans sa vie, elle se rend compte combien il est facile de s'éprendre d'elle; combien il est facile de l'aimer, sans savoir véritablement de quel amour il est question.

"Tu es facile à aimer", qu'il lui avait dit, comme un animal traqué, comme un marin charmé, ensorcelé par le chant d'une sirène. Mais elle n'avait jamais chanté...

Elle ne chante que rarement, n'abuse de son chant que pour en soutirer des avantages auxquels elle se sent permise d'utiliser. Mais pour charmer, elle ne chante jamais, ne veut pas conquérir l'amour mais veut le voir arriver à elle naturellement.

Mais elle est "facile à aimer", chante sans s'en rendre compte, se fait éprendre d'hommes qu'elle ne connait pas alors qu'elle se trouve dans les bras d'un autre qu'elle aime vraiment.

Et son chant continue de flotter dans les airs, comme un parfum agité, encore plus fort qu'auparavant, car c'est dans l'innocent qu'on l'aime, dans son air de petite fille apeurée, qui se sent dépassée par l'amour qu'on lui accorde, qu'on se prend à l'aimer, encore plus fort, plus virilement, plus intensément qu'auparavant...

mardi 23 décembre 2008

55.

Pas de réponse au changement de statut de relation sur Facebook.
On s'en fout, on s'en fout pas.
Dit-moi pourquoi tu me dis "Je t'aime" et que ta bouche vient sur la mienne devant tes amis et pourquoi tu n'acceptes pas ce nouveau statut.

Au fond, je le sais. Trop rapide. Trop direct. Trop confirmé.
Au fond, moi aussi, je paniquerais de ton côté.
Au fond, c'est au cas où l'autre, "la bonne", la "personne idéale" se présente.
Au fond, je comprends. Moi aussi je l'attends, celle-là.
Aussi, je t'ai dit: "Je n'attends rien de toi. Même que ton "Je t'aime" c'était au-dessus de mes attentes."
Mais là, j'attends une confirmation qui ne vient pas.
Au fond, c'est mon erreur, hein?

lundi 22 décembre 2008

54.

Un son de piano qui résonne dans la pièce, elle, couchée sur le dos, les mains relevées au-dessus de la tête, les cheveux placés négligemment sous elle, et lui, au-dessus d'elle, qui la regarde, et puis soudain, d'une gamme trop fort, il s'arrête, élève la voix et lance l'ordre de ne plus bouger.

"Reste comme ça. Ne bouge plus. Tu es trop belle comme tu es, avec la tête un peu tournée. Tu es vraiment belle."

dimanche 21 décembre 2008

53.

Son premier "Je t'aime", et je l'aime encore plus pour cela.

52.

Son premier "Je t'aime", et c'est assez. Vrai ou pas. J'y crois.

51.

Son premier "Je t'aime", couchés, sur le divan, dans mes bras.

50.

Son premier "Je t'aime", contre toutes espérances.

samedi 20 décembre 2008

49.

Son premier "Je t'aime"

dimanche 14 décembre 2008

48.

Une soirée, il lui a dit: "Je ne suis pas le premier pour elle, et malheureusement, je ne serai pas le dernier."

Et en revenant des toilettes où elle m'a tout rapporté, je l'ai embrassé pour la première fois de la soirée.

jeudi 11 décembre 2008

47.

S'endormir dans ses bras... ou dans l'innocence et la naïveté.
Mais s'endormir avec la chaleur de son corps à ses côtés.
C'est suffisant.

mercredi 10 décembre 2008

46.

Vouloir en finir avec cet amour qui n'aboutit pas. Et au moment où l’on passe au combat, croire que tout est fichu et qu’on tombera au champ. Et lorsque l’on pense fermer les yeux à jamais, on sent une main glissée dans la sienne et s’y refermer pour la presser.

lundi 8 décembre 2008

45.

"Comprends-tu si je te dis que je suis attirée vers toi, mais que j'ai peur de te rejoindre, car je n'ai pas le pied marin et que de la terre, où je suis, à ton radeau, il y a entre les deux, une très grande transition, un grand pas à faire qui me donne le vertige et me fait peur."


Et après un long silence, il m'a dit: "Oui, je comprends. Et je suis désolé."

J'aimerais le croire.

samedi 6 décembre 2008

44.

L'amour maritime,
Sur l'océan de peine,
Où l'eau est noire,
Où l'eau est profonde,
Où l'on connaît le fond,
Que pour y avoir sombrer,
Un soir où la sirène a trop chanter,
Un soir où le coeur était trop seul,
Au milieu de ce navire d'hommes,
Qu'il donne mal au coeur,
Cet amour maritime,
Qu'il donne mal au coeur,
Ce lent vas-et-viens,
Et comme il est vertigineux,
Comme il est maladif,
Cet amour illégitime,
S'il ne finit pas dans un creux,
C'est qu'il s'échouera sur un récif.

Oh! L'amour maritime,
Qu'on laisse au bord d'un quai,
D'une petite ville anonyme,
En se promettant bien naïvement,
En se trompant, en mensongeant,
De revenir bien vite retrouver,
Lorsqu'au détour d'un raccourci,
On y trouvera un peu de temps,
Et le temps qu'on aura,
Sera un temps de moins,
Que ce qu'il faudrait,
Pour se rendre compte de combien,
Si l'on s'aime tant, c'est que le temps nous restreint,
Et qu'avec un temps de plus,
On n'en voudrait plus,
De cet amour maritime,
De cet attention défective.

43.

Offrir. Tout offrir. Et se rendre compte que ce n'est pas assez. Ou alors, c'est trop.

jeudi 4 décembre 2008

42.

Vomir sur le passé. Y être tant dégoûtée qu'avoir envie seulement de courir en direction opposée, la tête baissée, vers le futur. Y être tant absorbée, tant empressée, que d'avoir la bouche close et les yeux fermés sur le présent. Et avoir peur de toute interaction trop directe avec le moment présent. De peur d'être ramener trop rapidement vers l'arrière, d'être encore trop près du passé.

Et finalement, ne jamais vivre que dans un futur qui n'existe pas.
Et autrement, ne jamais vivre tout simplement.

mercredi 3 décembre 2008

41.

Il est tard. Les derniers métros foncent vers leur lit pour la nuit. Je m'y engouffre, la tête épuisée d'alcool, les poches pleines d'argent d'hommes en manque d'affection et fous d'un sourire qui ne vaut rien.

Après une série de noms de station, je ressors des profondeurs de la terre pour me rendre compte que plus aucun autobus ne passe. Les taxis sont rares et ceux qui passent sont déjà pris. J'ai la lourdeur d'une nuit de 7 heures qui me tombe sur la tête et un sac de vingt milles tonnes, il me semble, sur une épaule. Il ne fait pas si froid et j'aurais apprécié marcher le 20-25 minutes qu'il me fallait mais ce soir, c'était épuisant au travail, avec cet homme prêt à me donner un billet d'avion pour une des plages du Mexique, cet autre qui m'écrit un roman sur un bout de papier, pour me dire comment il a apprécié passer sa soirée avec moi et qui me laisse, en guise de signature, son numéro de téléphone. Sans oublier l'autre assis loin au bar, qui ne cessait de me regarder que pour boire sa bière. Où l'autre encore qui me commandait n'importe quoi que pour me parler alors qu'il savait pertinemment que je ne travaillais pas dans la section où il était assis.

Marcher dans cette nuit, c'était donc trop. Je me mets à chercher un taxi, en déniche un après une dizaine de minutes de marche même si je suis rendue à un point où ça ne vaut peut-être plus la peine d'en prendre un.

L'homme embraye immédiatement la conversation. "Tu as l'air fatiguée" qu'il me dit et je lui réponds qu'il a raison, en enchaînant la discussion sur un sujet plus léger que ma fatigue.

Le Taximan fait un U-Turn au milieu de la rue après lui avoir dit où je restais. On continue à parler et passe une rue sur laquelle je pensais qu'on tournerait. Il s'arrête sur le nom de ma rue pour se rendre compte qu'il s'agit d'un One Way. Nouveau U-Turn. Je regarde le compteur: déjà 4,35$ que pour revenir au point de départ. Il y a des choses plus dramatiques qu'un 5$ mais quand même. Je lui donne les intersections où aller et on y va, moi d'une conversation légère sur mes voyages qu'il me demande de raconter et lui d'un pied léger sur la pédale.

Sur le chemin, il parle d'enfants et je parle de liberté. Il parle d'amour et je parle de voyage. Il parle "dans l'ordre commun des choses qui va" et je parle divagation, légèreté et insouciance. Et dans un accent d'un pays chaud loin d'ici, il me demande mon âge et soudain, il comprend. Semble impressionné de mon passé, de mes expériences.

Le taxi arrive devant chez moi. Le compteur indique 7,90$ et je soupire de constater que pour ce montant là, j'aurais pu partir du centre-ville et arriver plus tôt chez moi. Je sors un dix, le lui tend. L'homme se retourne, me regarde dans la lumière du plafond du taxi. Ce sont tes vrais yeux, me demande-t-il. Et je lui réponds que oui, avec juste un dollar de retour, s'il vous plaît. Il me donne le rond, fixe son regard dans mes yeux, comme sans vraiment pouvoir y croire. Je m'empresse de sortir, d'un sourire et d'un merci poli.

En arrivant chez moi, c'est la noirceur de l'appartement et la glace du miroir qui m'accueille. "Ce sont tes vrais yeux?" qu'il me dit, et je me regarde dans le miroir en voyant deux pâles auréoles bleus-gris, fatiguées d'étinceler et vais me coucher sans vraiment comprendre l'étonnement du Taximan, ni plus ceux de tous ces hommes croisés au bar ou dans la rue, ceux d'aujourd'hui et ceux d'hier, et aussi, peut-être, fort probablement, ceux de demain...

lundi 1 décembre 2008

40.

Repenser au Japon et avoir les souvenirs brouillés par des images préconçues. Mais quand même, se rappeler des nuits passées sur les tatamis, se rappeler la fraicheur de l'hiver japonais qui passe à travers les fenêtres... Avoir la salive qui monte en repensant à ce goût unique des udons... Sentir l'odeur du thé vert brûlant servi au repas... Se remémorer les sons du train et cette voix qui annonce la station de l'auberge. Ressentir la quiétude du premier jour de janvier à Kyoto lorsque la ville semble encore endormie d'une soirée passée au temple à célébrer et à manger près des feux, en sonnant des cloches et en priant...

Et avoir le coeur qui s'accélère sous la décision d'y retourner, dans trois ans, pour y vivre un an et déjà s'enthousiasmer des préparatifs à faire d'ici là et de l'apprivoisement d'une langue si éloignée de toutes celles qui nous entourent...

S'exciter déjà du soleil levant de demain.

dimanche 30 novembre 2008

39.

Elle ouvre les yeux, le voit qui la regarde. Elle se sent belle, nue sous son regard. Elle l'invite d'un sourire faible et il vient se coucher près d'elle. Ils se caressent un peu, mais rapidement, la tête lui tourne et elle fléchit de nouveau sous un sommeil qui pèse lourd.

Et lui, il la regarde s'endormir, de plus en plus pesante sur lui. Son bras qui s'abandonne sur son corps et qui le presse de cette force féminine, petite et délicate, mais lourde et sans disgrâce.

mardi 18 novembre 2008

38.

Se faire prendre par la main, par un homme inconnu.
Se retourner et croiser le regard d'un autre qui vous fixe.
Détourner la tête, et voir une main lever au loin.
S'y rendre, se pencher pour savoir, et se faire dire à l'oreille: "Tu es si belle."

Se sentir traquer de toute part. Se faire voler des becs sur des joues rouges de fatigue. Avoir la peau grasse de salive d'hommes qui aiment que par les yeux.

Tourner le dos aux clients pour aller chercher l'alcool et recevoir un frisson dans l'échine à l'idée qu'une demi-douzaine de tête sont tournés vers vous et vous observent de loin. Se sentir mal. Prendre l'alcool. Lever le plateau. Sourire. Puis se retourner pour affronter la foule. Faire comme si jamais, les becs, les caresses, les commentaires, les regards, les gestes subtiles ne vous avaient jamais le moindre du monde dérangés...

dimanche 16 novembre 2008

37.

Le garçon parle. Une façon soignée de dire les choses nouent sa langue. Des mensonges sortent de sa bouche, mais on s'en fout, car il est beau et amusant.
Le garçon parle toujours. N'importe quoi sort de sa bouche. On n'y croit pas, mais ça amuse et on laisse continué.
Peu importe ce qu'il raconte, qu'on se dit, on passe du bon temps. Mais un beau jour, le mensonge s'oublie et on croit. Puis une barrière tombe, celle de la prudence, et la naïveté embarque. Puis comme une petite fille, on boit ses paroles dans se poser de question. Quelque chose vient se glisser dans la relation. Mais quand même, la mémoire nous rappelle qu'il ne faut pas.
Le coeur saigne sous la dominance de la raison, mais on s'oublie, comme on a oublié les mensonges. C'est une relation amnésique, où rien ne compte, où rien ne doit compté. Où il vaut mieux oublié ses mots doux et gentils, pour éviter d'y croire.
Souffrir encore de s'être fait duper à son propre jeu.
Vouloir dire: je couche avec toi parce que je veux coucher avec toi.
Et pas: je couche avec toi, parce que j'aime ça, parce que j'aime toi.
Se blesser à un amour improbable, malsain.
Se blesser à la solitude d'une croyance qui n'aurait jamais dû naître.
Avoir dans la bouche, le goût amer de l'amour.
Encore, et toujours.

vendredi 7 novembre 2008

36.

Regarder le passé et écouter les voix majeures. Douter de celle qui sort de notre bouche; se croire jeune, inexpérimenté, naïf, idiot, débile, même. Déprécier ce qu'on a cru de meilleurs quand on compare le résultat de notre sueur à ceux des grands. Souffler d'épuisement. De découragement parfois. Mais aimer quand même travailler, bucher, espérer, faire et suer et continuer. Voir qu'on monte, peu à peu, l'échelle de la grandiosité, mais ne pas encore pouvoir y ressentir son vertige unique. Mais continuer. Car il n'y a que ça à faire. Et ne pas jamais diminuer les objectifs, quitte à souffrir de ne jamais y parvenir. Mais au moins, sourire de ne s'être jamais laissé tenter à la sous-qualification, au facile, au médiocre, car au fond, tout est médiocre pour un être qui peut faire mieux que ce qu'il fait maintenant.

jeudi 30 octobre 2008

35.

Apercevoir subtilement, à l'arrêt d'autobus, le profil d'un homme qu'on croit trouvé beau. Chercher son regard, se heurter à sa nuque, tenter de trouver des situations pour le voir de face et ne pas y arriver... Et se laisser rêver de sa beauté qu'on n'a vu que partiellement...

dimanche 26 octobre 2008

34.

Les corps en mouvance, sous des draps souples d'hôtel pour couple d'un soir, dans le noir, ou dans la lumière des phares d'une voiture qui passe, ton visage qui me regarde, dans le noir, j'observe ton regard, tente d'y voir mieux, croise des yeux qui ne veulent rien dire, bloque sur un silence, un mutisme qui me réduit à une solitude plus grande encore que ce que j'aurais cru et pendant que tu m'embrasses, ma gorge se serre, mes yeux se ferment, mon cœur s'étouffe mais mon corps continu à se donner, à bouger sous tes coups de reins.

J'aimerais te dire comment je me sens seule dans tes bras, comment l'amour m'écoeure parce que je n'y ai pas accès, ni avec Toi, ni avec Lui, ni avec Il, ni avec Eux, et ni même avec moi. L'amour m'écoeure parce que je n'y ai pas accès, parce que prise sous le charme de l'amour, je me sens ensorcellée, droguée, prisonnière. Parce que sans l'amour, je me sens rejetée, ignorée, seule. Parce que l'amour, qu'il soit à ma porte ou non, m'agace. Parce qu'il ressemble trop à cette fumée d'hash, qui pique à la gorge, qu'on souhaite recrachée immédiatement après l'avoir innalée mais lorsque la brûlure s'estompe, l'envie d'y regoûter nous revient. Parce que l'amour ressemble trop à cette fumée d'hash, à cette misérable agace, à cette prison d'or, cette dépendance narcotique, au lithium de la société.

33.

Se trouver sur le plancher de danse, s'effleurer la joue, se regarder dans les yeux entre deux flashs de lumière stroboscopique et retomber dans la noirceur de la pièce, nos deux corps un peu plus proche.

vendredi 24 octobre 2008

32.

Recevoir des nouvelles de cet homme alors que tout est définitivement terminé. Trouver cela étrange. Croire peut-être alors à sa sincérité. Savourer chacun de ses mots de sa courte lettre. Les bénirent, presque, tant une certaine joie, douce-amère, envahit et réchauffe le coeur. Et tomber sur les derniers mots de la lettre et avoir envie de pleurer, presque, tant l'espoir de vouloir croire à sa sincérité est fort et pourrait se concrétiser.

"Gonna remember your kisses."

Mais plus tard, y repenser, et comprendre que tout cela n'était qu'un délire, qu'une histoire d'adolescents d'un roman sur un amour d'été -un amour avec un petit a- avec toute son improbabilité et son charme.

dimanche 19 octobre 2008

31.

Revenir. Et voir différemment. Se rendre compte de l'aveuglement passé, de ce manque de références. Être triste de l'extase d'autrefois. Se cogner contre un mur. Et se cogner contre les gens. Se sentir seule dans la connaissance de l'étranger. Parler d'immigration, mais avoir l'impression d'être l'unique personne à savoir la signification réelle du mot. Être déçue, terriblement déçue et revenir encore à cette question: pourquoi, la vie?

Essayer de revoir la magie dans Montréal. Espérer de trouver une poésie nouvelle et franche dans l'automne en feu. Se promener dans les rues et vouloir capter cet atmosphère si particulière qu'on croyait spectaculaire à Montréal. N'y parvenir qu'un peu et sentir un vide grandir.

jeudi 9 octobre 2008

30.

Se demander pourquoi vivre. Et arriver à la réponse: pour ne pas mourir. Penser au sens de notre vie et ne rien trouver. Comprendre que vivre ou mourir, ça ne changera, au final, absolument rien. Et soudain, tous les sons entourant se taisent et un silence s'installe. Un silence lourd, qui gobe tous bruits, toutes pensées. Le silence d'une Existence gênée de sa propre superficialité. Un silence de gêne.

Prost à l'Existence.

samedi 4 octobre 2008

29.

Se sentir à bout de souffle, avoir les yeux bouffis, les cheveux en bataille. Se rappeler des nuits précédentes et ne pas arriver à y voir un sens. Pas de plaisir. Qu'est-ce que je fais ici?
Ne pas arriver à effacer un monde lourd de 18 ans. Croire à la superficialité du moment et briser la magie du voyage. Se sentir triste, dépassée par des deuils d'amitiés qui seront achevées trop tôt. Boire, boire, boire, pour espérer oublier cette douloureuse conscience de la réalité. Boire, boire, boire et se rendre malade. Puis pleurer toute l'alcool ingurgitée vulgairement, sans classe, et se vomir dessus de dégoût. Boire, boire, boire d'alcoolisme, même plus par plaisir, mais par nécessité et rêver de cette ligne de coke, parce que l'alcool, ce n'est plus assez fort, assez intense. Mais boire, boire, boire toujours et encore, parce que cette ligne de coke sécuritaire se trouve à 6500 kilomètres. Boire, boire, boire, parce qu'il n'y a que ça à faire ici. Boire, boire, boire parce que le prix du retour à la normale sera trop drastique, du conte de fée à l'histoire d'horreur. Boire, boire, boire, de l'alcool dans un biberon d'enfant. Se coucher dans un berceau et s'endormir sur une berceuse techno. Voir son monde de déchéance et de débauche jonglé avec celui de l'innocence de l'enfance. En avoir marre, et espérer bientôt voir le fond de la bière.

lundi 29 septembre 2008

28.

Fixer ses visages connus, ses gens puissants par leur nom, ses légendes vivantes et essayer de comprendre ce qu'ils ont de différent. Spear, Eminem, Hilton. Ne pas arriver à comprendre ce qui leur est arrivé, ne pas comprendre ce qui les différe de tous, penser pouvoir comprendre par leur apparence mais se heurter à une banalité humaine, totalement ordinaire, aucunement intéressante.

lundi 1 septembre 2008

27.

Elle réalise soudain la différence entre les contes de petites filles et la réalité. Dans sa jeunesse, elle avait toujours voulu être cette fille, aux cheveux longs et fins, en robe légère sur le bord d'un quai de train qui agite la main à son amoureux, une larme au coin de l'oeil.

Elle se disait: "C'est romantique, si poétique, si beau..." Et c'était vrai. Dans le film. Mais la réalité, contrairement aux films et aux contes de fée, est souvent dénuée de tout sens artistique. Elle venait de le comprendre.

Malgré sa jupe frivole d'un beige clair, son haut brun un peu bouffant, ses colliers, ses cheveux libres, son style gitan, malgré le bruit des moteurs qui poussent le train, malgré le soleil qui se couche et qui laisse une lumière chaude et lourde et des ombres grandes et impressionnantes, elle ne parvenait pas à voir où était la beauté dans la situation.

"Il part."

Mais lui, lui dans le train, il n'en revenait pas. Elle, dans la lumière d'un soleil mourant, entre les ombres grimpantes, elle avait l'air d'un ange. Il souhaitait qu'elle s'envole au vent, qu'une rafale de vent la lui ramène, qu'elle réapparaisse à ses côtés, sur le siège libre du wagon où ses valises se tenaient.

Cette fille, il la trouvait surprenante. Il se rappelait la première fois qu'il l'avait vu, dans une robe beige, la même couleur que la jupe qu'elle portait présentement. Il avait été impressionné, ébloui. Il s'était dit que c'était une de ces filles impossibles à approcher mais pourtant, il était parvenu à lui parler, à la faire sourire et même, à lui tenir la main et à l'embrasser.

Il l'avait d'abord cru superficielle, par tous ces accessoires de mode, par son obsession du magasinage, de son apparence, mais il s'était rapidement aperçu qu'elle s'exaltait à travers son style, qu'elle parlait par ses vêtements, qu'elle créait, s'amusait, jouait à l'artiste en s'habillant.

Il s'était alors regardé très mal dans le miroir, aurait voulu être aussi créatif qu'elle, avoir su s'extérioriser autant qu'elle le faisait, mais il n'avait que des Jeans défraichis et des T-Shirts de bands de musique qu'il aimait.

À chaque jour, elle avait quelque chose de nouveau. Elle élaborait des styles nouveaux, selon son humeur. Il ne comprenait pas toujours ce qu'elle voulait dire, mais il savait qu'un message se trouvait derrière son pull gris et qu'elle transmettait autre chose avec son haut mauve.

Aujourd'hui, sur le quai, avec sa jupe beige frivole et son haut léger, ses cheveux libres et ses longs colliers, avec son air de gitane, il comprenait qu'elle aussi, elle voulait partir avec lui, comme un oiseau, comme un ange...