vendredi 2 janvier 2009

61.

Vouloir lui faire comprendre que son départ imminent me fait mal, que je le sens comme une trahison. Vouloir y dire: "C'est toi, que toi, que je veux. Les autres hommes m'agressent. Je ne veux que toi et auprès de moi."
Mais ne pas y arriver.
Et se sentir blesser dans cet amour.

Se rappeler le SMS, la phrase qui amène ce qu'on sait et veut oublié à la réalité brute et dure: "Je pars samedi."

Tu pars samedi, oui. D'accord.
Puis après, vouloir reprendre le droit qu'il m'a donné, que je ne mettais jamais permise d'avoir sur lui; celui d'avoir des attentes, et avoir l'attente qu'il reste, finalement, envers et contre tout.

60.

Il a dit, soudain, d'une voix terrible, d'une voix jalouse que je ne lui connaissais pas, d'une voix qui m'a transpercée de l'intérieur et faite peur, il m'a dit de cette voix forte et masculine: "Je ne veux pas qu'aucun autre homme que moi te touches. Pas même la main, pas même les cheveux, pas même rien. Tu as compris? Je ne veux pas qu'aucun homme ne pose la main sur toi."

Mais tout en ayant peur, sentir quel amour lui dictait ses paroles...

59.

L'autre fois, une journée complète au lit.
L'autre fois, une journée complète à faire l'amour sous les couvertures, à regarder les ombres du jour courir sur le visage de l'autre, à se toucher, à s'aimer, à parler de choses et d'autre. L'autre fois, une journée complète à faire l'amour au lit, comme deux enfants qui s'aiment tendrement.

mercredi 31 décembre 2008

58.

Pars-tu loin de moi parce que tu as peur? T'en vas-tu parce que, couché sur moi, tu as peur, encore, de me faire mal? Ce n'est pas grave, mon amour. Je t'aime encore, même si je ne te le dis jamais. Le mal ne m'a jamais empêché d'aimer. Je suis de nature naïve, tu sais. Mais là, et surtout là, le mal, il ne vient pas de toi, alors tu n'as aucune raison d'avoir peur. J'ai besoin de toi. Reviens à moi, mon amour.

Québec et Sherbrooke ne sont pas très loin de Montréal. Mais c'est quand même plus loin qu'à côté de chez moi. Mon amour, reviens. Ici, dans cette ville froide et grise, je me sens seule. Je suis partagée entre l'envie de sur-utiliser les SMS et celle de te laisser tranquille, de ne pas t'ennuyer avec mes états d'âmes.

Tu sais, moi aussi j'ai peur. J'ai peur d'être malade. Mais j'ai peur de trop t'aimer surtout. Et de te perdre également. Et je tomberais dans une tristesse infinie de savoir que je t'ai perdu pour l'une de ces deux raisons. L'une aurait été hors de ma volonté et l'autre serait l'aboutissement d'efforts vains à restreindre mes caresses et mes baisers envers toi.

Mon amour, j'ai peur de beaucoup de choses. J'aimerais que tu me serres dans tes bras, juste pour avoir, au moins l'illusion, si ce n'est pas la réalité, que toi, tu es là, et que ton amour est une chose précieuse sur laquelle je peux compté y trouver confort quand l'épuisement devient trop lourd à supporter.

lundi 29 décembre 2008

57.

Il paraît que j'ai tous les symptômes d'une femme enceinte.


Mais ce n'est pas ça.
Il ne le faut pas.
Sinon, c'est autre chose de quand même désagréable.

mercredi 24 décembre 2008

56.

"Tu es facile à aimer", qu'un jour qu'on lui a dit. Sans vraiment savoir ce que cela voulait dire, elle s'est tue et a détourné la tête.

Facile à aimer.

Plus loin dans sa vie, elle se rend compte combien il est facile de s'éprendre d'elle; combien il est facile de l'aimer, sans savoir véritablement de quel amour il est question.

"Tu es facile à aimer", qu'il lui avait dit, comme un animal traqué, comme un marin charmé, ensorcelé par le chant d'une sirène. Mais elle n'avait jamais chanté...

Elle ne chante que rarement, n'abuse de son chant que pour en soutirer des avantages auxquels elle se sent permise d'utiliser. Mais pour charmer, elle ne chante jamais, ne veut pas conquérir l'amour mais veut le voir arriver à elle naturellement.

Mais elle est "facile à aimer", chante sans s'en rendre compte, se fait éprendre d'hommes qu'elle ne connait pas alors qu'elle se trouve dans les bras d'un autre qu'elle aime vraiment.

Et son chant continue de flotter dans les airs, comme un parfum agité, encore plus fort qu'auparavant, car c'est dans l'innocent qu'on l'aime, dans son air de petite fille apeurée, qui se sent dépassée par l'amour qu'on lui accorde, qu'on se prend à l'aimer, encore plus fort, plus virilement, plus intensément qu'auparavant...

mardi 23 décembre 2008

55.

Pas de réponse au changement de statut de relation sur Facebook.
On s'en fout, on s'en fout pas.
Dit-moi pourquoi tu me dis "Je t'aime" et que ta bouche vient sur la mienne devant tes amis et pourquoi tu n'acceptes pas ce nouveau statut.

Au fond, je le sais. Trop rapide. Trop direct. Trop confirmé.
Au fond, moi aussi, je paniquerais de ton côté.
Au fond, c'est au cas où l'autre, "la bonne", la "personne idéale" se présente.
Au fond, je comprends. Moi aussi je l'attends, celle-là.
Aussi, je t'ai dit: "Je n'attends rien de toi. Même que ton "Je t'aime" c'était au-dessus de mes attentes."
Mais là, j'attends une confirmation qui ne vient pas.
Au fond, c'est mon erreur, hein?

lundi 22 décembre 2008

54.

Un son de piano qui résonne dans la pièce, elle, couchée sur le dos, les mains relevées au-dessus de la tête, les cheveux placés négligemment sous elle, et lui, au-dessus d'elle, qui la regarde, et puis soudain, d'une gamme trop fort, il s'arrête, élève la voix et lance l'ordre de ne plus bouger.

"Reste comme ça. Ne bouge plus. Tu es trop belle comme tu es, avec la tête un peu tournée. Tu es vraiment belle."

dimanche 21 décembre 2008

53.

Son premier "Je t'aime", et je l'aime encore plus pour cela.

52.

Son premier "Je t'aime", et c'est assez. Vrai ou pas. J'y crois.

51.

Son premier "Je t'aime", couchés, sur le divan, dans mes bras.

50.

Son premier "Je t'aime", contre toutes espérances.

samedi 20 décembre 2008

49.

Son premier "Je t'aime"

dimanche 14 décembre 2008

48.

Une soirée, il lui a dit: "Je ne suis pas le premier pour elle, et malheureusement, je ne serai pas le dernier."

Et en revenant des toilettes où elle m'a tout rapporté, je l'ai embrassé pour la première fois de la soirée.

jeudi 11 décembre 2008

47.

S'endormir dans ses bras... ou dans l'innocence et la naïveté.
Mais s'endormir avec la chaleur de son corps à ses côtés.
C'est suffisant.

mercredi 10 décembre 2008

46.

Vouloir en finir avec cet amour qui n'aboutit pas. Et au moment où l’on passe au combat, croire que tout est fichu et qu’on tombera au champ. Et lorsque l’on pense fermer les yeux à jamais, on sent une main glissée dans la sienne et s’y refermer pour la presser.

lundi 8 décembre 2008

45.

"Comprends-tu si je te dis que je suis attirée vers toi, mais que j'ai peur de te rejoindre, car je n'ai pas le pied marin et que de la terre, où je suis, à ton radeau, il y a entre les deux, une très grande transition, un grand pas à faire qui me donne le vertige et me fait peur."


Et après un long silence, il m'a dit: "Oui, je comprends. Et je suis désolé."

J'aimerais le croire.

samedi 6 décembre 2008

44.

L'amour maritime,
Sur l'océan de peine,
Où l'eau est noire,
Où l'eau est profonde,
Où l'on connaît le fond,
Que pour y avoir sombrer,
Un soir où la sirène a trop chanter,
Un soir où le coeur était trop seul,
Au milieu de ce navire d'hommes,
Qu'il donne mal au coeur,
Cet amour maritime,
Qu'il donne mal au coeur,
Ce lent vas-et-viens,
Et comme il est vertigineux,
Comme il est maladif,
Cet amour illégitime,
S'il ne finit pas dans un creux,
C'est qu'il s'échouera sur un récif.

Oh! L'amour maritime,
Qu'on laisse au bord d'un quai,
D'une petite ville anonyme,
En se promettant bien naïvement,
En se trompant, en mensongeant,
De revenir bien vite retrouver,
Lorsqu'au détour d'un raccourci,
On y trouvera un peu de temps,
Et le temps qu'on aura,
Sera un temps de moins,
Que ce qu'il faudrait,
Pour se rendre compte de combien,
Si l'on s'aime tant, c'est que le temps nous restreint,
Et qu'avec un temps de plus,
On n'en voudrait plus,
De cet amour maritime,
De cet attention défective.

43.

Offrir. Tout offrir. Et se rendre compte que ce n'est pas assez. Ou alors, c'est trop.

jeudi 4 décembre 2008

42.

Vomir sur le passé. Y être tant dégoûtée qu'avoir envie seulement de courir en direction opposée, la tête baissée, vers le futur. Y être tant absorbée, tant empressée, que d'avoir la bouche close et les yeux fermés sur le présent. Et avoir peur de toute interaction trop directe avec le moment présent. De peur d'être ramener trop rapidement vers l'arrière, d'être encore trop près du passé.

Et finalement, ne jamais vivre que dans un futur qui n'existe pas.
Et autrement, ne jamais vivre tout simplement.

mercredi 3 décembre 2008

41.

Il est tard. Les derniers métros foncent vers leur lit pour la nuit. Je m'y engouffre, la tête épuisée d'alcool, les poches pleines d'argent d'hommes en manque d'affection et fous d'un sourire qui ne vaut rien.

Après une série de noms de station, je ressors des profondeurs de la terre pour me rendre compte que plus aucun autobus ne passe. Les taxis sont rares et ceux qui passent sont déjà pris. J'ai la lourdeur d'une nuit de 7 heures qui me tombe sur la tête et un sac de vingt milles tonnes, il me semble, sur une épaule. Il ne fait pas si froid et j'aurais apprécié marcher le 20-25 minutes qu'il me fallait mais ce soir, c'était épuisant au travail, avec cet homme prêt à me donner un billet d'avion pour une des plages du Mexique, cet autre qui m'écrit un roman sur un bout de papier, pour me dire comment il a apprécié passer sa soirée avec moi et qui me laisse, en guise de signature, son numéro de téléphone. Sans oublier l'autre assis loin au bar, qui ne cessait de me regarder que pour boire sa bière. Où l'autre encore qui me commandait n'importe quoi que pour me parler alors qu'il savait pertinemment que je ne travaillais pas dans la section où il était assis.

Marcher dans cette nuit, c'était donc trop. Je me mets à chercher un taxi, en déniche un après une dizaine de minutes de marche même si je suis rendue à un point où ça ne vaut peut-être plus la peine d'en prendre un.

L'homme embraye immédiatement la conversation. "Tu as l'air fatiguée" qu'il me dit et je lui réponds qu'il a raison, en enchaînant la discussion sur un sujet plus léger que ma fatigue.

Le Taximan fait un U-Turn au milieu de la rue après lui avoir dit où je restais. On continue à parler et passe une rue sur laquelle je pensais qu'on tournerait. Il s'arrête sur le nom de ma rue pour se rendre compte qu'il s'agit d'un One Way. Nouveau U-Turn. Je regarde le compteur: déjà 4,35$ que pour revenir au point de départ. Il y a des choses plus dramatiques qu'un 5$ mais quand même. Je lui donne les intersections où aller et on y va, moi d'une conversation légère sur mes voyages qu'il me demande de raconter et lui d'un pied léger sur la pédale.

Sur le chemin, il parle d'enfants et je parle de liberté. Il parle d'amour et je parle de voyage. Il parle "dans l'ordre commun des choses qui va" et je parle divagation, légèreté et insouciance. Et dans un accent d'un pays chaud loin d'ici, il me demande mon âge et soudain, il comprend. Semble impressionné de mon passé, de mes expériences.

Le taxi arrive devant chez moi. Le compteur indique 7,90$ et je soupire de constater que pour ce montant là, j'aurais pu partir du centre-ville et arriver plus tôt chez moi. Je sors un dix, le lui tend. L'homme se retourne, me regarde dans la lumière du plafond du taxi. Ce sont tes vrais yeux, me demande-t-il. Et je lui réponds que oui, avec juste un dollar de retour, s'il vous plaît. Il me donne le rond, fixe son regard dans mes yeux, comme sans vraiment pouvoir y croire. Je m'empresse de sortir, d'un sourire et d'un merci poli.

En arrivant chez moi, c'est la noirceur de l'appartement et la glace du miroir qui m'accueille. "Ce sont tes vrais yeux?" qu'il me dit, et je me regarde dans le miroir en voyant deux pâles auréoles bleus-gris, fatiguées d'étinceler et vais me coucher sans vraiment comprendre l'étonnement du Taximan, ni plus ceux de tous ces hommes croisés au bar ou dans la rue, ceux d'aujourd'hui et ceux d'hier, et aussi, peut-être, fort probablement, ceux de demain...

lundi 1 décembre 2008

40.

Repenser au Japon et avoir les souvenirs brouillés par des images préconçues. Mais quand même, se rappeler des nuits passées sur les tatamis, se rappeler la fraicheur de l'hiver japonais qui passe à travers les fenêtres... Avoir la salive qui monte en repensant à ce goût unique des udons... Sentir l'odeur du thé vert brûlant servi au repas... Se remémorer les sons du train et cette voix qui annonce la station de l'auberge. Ressentir la quiétude du premier jour de janvier à Kyoto lorsque la ville semble encore endormie d'une soirée passée au temple à célébrer et à manger près des feux, en sonnant des cloches et en priant...

Et avoir le coeur qui s'accélère sous la décision d'y retourner, dans trois ans, pour y vivre un an et déjà s'enthousiasmer des préparatifs à faire d'ici là et de l'apprivoisement d'une langue si éloignée de toutes celles qui nous entourent...

S'exciter déjà du soleil levant de demain.

dimanche 30 novembre 2008

39.

Elle ouvre les yeux, le voit qui la regarde. Elle se sent belle, nue sous son regard. Elle l'invite d'un sourire faible et il vient se coucher près d'elle. Ils se caressent un peu, mais rapidement, la tête lui tourne et elle fléchit de nouveau sous un sommeil qui pèse lourd.

Et lui, il la regarde s'endormir, de plus en plus pesante sur lui. Son bras qui s'abandonne sur son corps et qui le presse de cette force féminine, petite et délicate, mais lourde et sans disgrâce.

mardi 18 novembre 2008

38.

Se faire prendre par la main, par un homme inconnu.
Se retourner et croiser le regard d'un autre qui vous fixe.
Détourner la tête, et voir une main lever au loin.
S'y rendre, se pencher pour savoir, et se faire dire à l'oreille: "Tu es si belle."

Se sentir traquer de toute part. Se faire voler des becs sur des joues rouges de fatigue. Avoir la peau grasse de salive d'hommes qui aiment que par les yeux.

Tourner le dos aux clients pour aller chercher l'alcool et recevoir un frisson dans l'échine à l'idée qu'une demi-douzaine de tête sont tournés vers vous et vous observent de loin. Se sentir mal. Prendre l'alcool. Lever le plateau. Sourire. Puis se retourner pour affronter la foule. Faire comme si jamais, les becs, les caresses, les commentaires, les regards, les gestes subtiles ne vous avaient jamais le moindre du monde dérangés...

dimanche 16 novembre 2008

37.

Le garçon parle. Une façon soignée de dire les choses nouent sa langue. Des mensonges sortent de sa bouche, mais on s'en fout, car il est beau et amusant.
Le garçon parle toujours. N'importe quoi sort de sa bouche. On n'y croit pas, mais ça amuse et on laisse continué.
Peu importe ce qu'il raconte, qu'on se dit, on passe du bon temps. Mais un beau jour, le mensonge s'oublie et on croit. Puis une barrière tombe, celle de la prudence, et la naïveté embarque. Puis comme une petite fille, on boit ses paroles dans se poser de question. Quelque chose vient se glisser dans la relation. Mais quand même, la mémoire nous rappelle qu'il ne faut pas.
Le coeur saigne sous la dominance de la raison, mais on s'oublie, comme on a oublié les mensonges. C'est une relation amnésique, où rien ne compte, où rien ne doit compté. Où il vaut mieux oublié ses mots doux et gentils, pour éviter d'y croire.
Souffrir encore de s'être fait duper à son propre jeu.
Vouloir dire: je couche avec toi parce que je veux coucher avec toi.
Et pas: je couche avec toi, parce que j'aime ça, parce que j'aime toi.
Se blesser à un amour improbable, malsain.
Se blesser à la solitude d'une croyance qui n'aurait jamais dû naître.
Avoir dans la bouche, le goût amer de l'amour.
Encore, et toujours.

vendredi 7 novembre 2008

36.

Regarder le passé et écouter les voix majeures. Douter de celle qui sort de notre bouche; se croire jeune, inexpérimenté, naïf, idiot, débile, même. Déprécier ce qu'on a cru de meilleurs quand on compare le résultat de notre sueur à ceux des grands. Souffler d'épuisement. De découragement parfois. Mais aimer quand même travailler, bucher, espérer, faire et suer et continuer. Voir qu'on monte, peu à peu, l'échelle de la grandiosité, mais ne pas encore pouvoir y ressentir son vertige unique. Mais continuer. Car il n'y a que ça à faire. Et ne pas jamais diminuer les objectifs, quitte à souffrir de ne jamais y parvenir. Mais au moins, sourire de ne s'être jamais laissé tenter à la sous-qualification, au facile, au médiocre, car au fond, tout est médiocre pour un être qui peut faire mieux que ce qu'il fait maintenant.

jeudi 30 octobre 2008

35.

Apercevoir subtilement, à l'arrêt d'autobus, le profil d'un homme qu'on croit trouvé beau. Chercher son regard, se heurter à sa nuque, tenter de trouver des situations pour le voir de face et ne pas y arriver... Et se laisser rêver de sa beauté qu'on n'a vu que partiellement...

dimanche 26 octobre 2008

34.

Les corps en mouvance, sous des draps souples d'hôtel pour couple d'un soir, dans le noir, ou dans la lumière des phares d'une voiture qui passe, ton visage qui me regarde, dans le noir, j'observe ton regard, tente d'y voir mieux, croise des yeux qui ne veulent rien dire, bloque sur un silence, un mutisme qui me réduit à une solitude plus grande encore que ce que j'aurais cru et pendant que tu m'embrasses, ma gorge se serre, mes yeux se ferment, mon cœur s'étouffe mais mon corps continu à se donner, à bouger sous tes coups de reins.

J'aimerais te dire comment je me sens seule dans tes bras, comment l'amour m'écoeure parce que je n'y ai pas accès, ni avec Toi, ni avec Lui, ni avec Il, ni avec Eux, et ni même avec moi. L'amour m'écoeure parce que je n'y ai pas accès, parce que prise sous le charme de l'amour, je me sens ensorcellée, droguée, prisonnière. Parce que sans l'amour, je me sens rejetée, ignorée, seule. Parce que l'amour, qu'il soit à ma porte ou non, m'agace. Parce qu'il ressemble trop à cette fumée d'hash, qui pique à la gorge, qu'on souhaite recrachée immédiatement après l'avoir innalée mais lorsque la brûlure s'estompe, l'envie d'y regoûter nous revient. Parce que l'amour ressemble trop à cette fumée d'hash, à cette misérable agace, à cette prison d'or, cette dépendance narcotique, au lithium de la société.

33.

Se trouver sur le plancher de danse, s'effleurer la joue, se regarder dans les yeux entre deux flashs de lumière stroboscopique et retomber dans la noirceur de la pièce, nos deux corps un peu plus proche.

vendredi 24 octobre 2008

32.

Recevoir des nouvelles de cet homme alors que tout est définitivement terminé. Trouver cela étrange. Croire peut-être alors à sa sincérité. Savourer chacun de ses mots de sa courte lettre. Les bénirent, presque, tant une certaine joie, douce-amère, envahit et réchauffe le coeur. Et tomber sur les derniers mots de la lettre et avoir envie de pleurer, presque, tant l'espoir de vouloir croire à sa sincérité est fort et pourrait se concrétiser.

"Gonna remember your kisses."

Mais plus tard, y repenser, et comprendre que tout cela n'était qu'un délire, qu'une histoire d'adolescents d'un roman sur un amour d'été -un amour avec un petit a- avec toute son improbabilité et son charme.

dimanche 19 octobre 2008

31.

Revenir. Et voir différemment. Se rendre compte de l'aveuglement passé, de ce manque de références. Être triste de l'extase d'autrefois. Se cogner contre un mur. Et se cogner contre les gens. Se sentir seule dans la connaissance de l'étranger. Parler d'immigration, mais avoir l'impression d'être l'unique personne à savoir la signification réelle du mot. Être déçue, terriblement déçue et revenir encore à cette question: pourquoi, la vie?

Essayer de revoir la magie dans Montréal. Espérer de trouver une poésie nouvelle et franche dans l'automne en feu. Se promener dans les rues et vouloir capter cet atmosphère si particulière qu'on croyait spectaculaire à Montréal. N'y parvenir qu'un peu et sentir un vide grandir.

jeudi 9 octobre 2008

30.

Se demander pourquoi vivre. Et arriver à la réponse: pour ne pas mourir. Penser au sens de notre vie et ne rien trouver. Comprendre que vivre ou mourir, ça ne changera, au final, absolument rien. Et soudain, tous les sons entourant se taisent et un silence s'installe. Un silence lourd, qui gobe tous bruits, toutes pensées. Le silence d'une Existence gênée de sa propre superficialité. Un silence de gêne.

Prost à l'Existence.

samedi 4 octobre 2008

29.

Se sentir à bout de souffle, avoir les yeux bouffis, les cheveux en bataille. Se rappeler des nuits précédentes et ne pas arriver à y voir un sens. Pas de plaisir. Qu'est-ce que je fais ici?
Ne pas arriver à effacer un monde lourd de 18 ans. Croire à la superficialité du moment et briser la magie du voyage. Se sentir triste, dépassée par des deuils d'amitiés qui seront achevées trop tôt. Boire, boire, boire, pour espérer oublier cette douloureuse conscience de la réalité. Boire, boire, boire et se rendre malade. Puis pleurer toute l'alcool ingurgitée vulgairement, sans classe, et se vomir dessus de dégoût. Boire, boire, boire d'alcoolisme, même plus par plaisir, mais par nécessité et rêver de cette ligne de coke, parce que l'alcool, ce n'est plus assez fort, assez intense. Mais boire, boire, boire toujours et encore, parce que cette ligne de coke sécuritaire se trouve à 6500 kilomètres. Boire, boire, boire, parce qu'il n'y a que ça à faire ici. Boire, boire, boire parce que le prix du retour à la normale sera trop drastique, du conte de fée à l'histoire d'horreur. Boire, boire, boire, de l'alcool dans un biberon d'enfant. Se coucher dans un berceau et s'endormir sur une berceuse techno. Voir son monde de déchéance et de débauche jonglé avec celui de l'innocence de l'enfance. En avoir marre, et espérer bientôt voir le fond de la bière.

lundi 29 septembre 2008

28.

Fixer ses visages connus, ses gens puissants par leur nom, ses légendes vivantes et essayer de comprendre ce qu'ils ont de différent. Spear, Eminem, Hilton. Ne pas arriver à comprendre ce qui leur est arrivé, ne pas comprendre ce qui les différe de tous, penser pouvoir comprendre par leur apparence mais se heurter à une banalité humaine, totalement ordinaire, aucunement intéressante.

lundi 1 septembre 2008

27.

Elle réalise soudain la différence entre les contes de petites filles et la réalité. Dans sa jeunesse, elle avait toujours voulu être cette fille, aux cheveux longs et fins, en robe légère sur le bord d'un quai de train qui agite la main à son amoureux, une larme au coin de l'oeil.

Elle se disait: "C'est romantique, si poétique, si beau..." Et c'était vrai. Dans le film. Mais la réalité, contrairement aux films et aux contes de fée, est souvent dénuée de tout sens artistique. Elle venait de le comprendre.

Malgré sa jupe frivole d'un beige clair, son haut brun un peu bouffant, ses colliers, ses cheveux libres, son style gitan, malgré le bruit des moteurs qui poussent le train, malgré le soleil qui se couche et qui laisse une lumière chaude et lourde et des ombres grandes et impressionnantes, elle ne parvenait pas à voir où était la beauté dans la situation.

"Il part."

Mais lui, lui dans le train, il n'en revenait pas. Elle, dans la lumière d'un soleil mourant, entre les ombres grimpantes, elle avait l'air d'un ange. Il souhaitait qu'elle s'envole au vent, qu'une rafale de vent la lui ramène, qu'elle réapparaisse à ses côtés, sur le siège libre du wagon où ses valises se tenaient.

Cette fille, il la trouvait surprenante. Il se rappelait la première fois qu'il l'avait vu, dans une robe beige, la même couleur que la jupe qu'elle portait présentement. Il avait été impressionné, ébloui. Il s'était dit que c'était une de ces filles impossibles à approcher mais pourtant, il était parvenu à lui parler, à la faire sourire et même, à lui tenir la main et à l'embrasser.

Il l'avait d'abord cru superficielle, par tous ces accessoires de mode, par son obsession du magasinage, de son apparence, mais il s'était rapidement aperçu qu'elle s'exaltait à travers son style, qu'elle parlait par ses vêtements, qu'elle créait, s'amusait, jouait à l'artiste en s'habillant.

Il s'était alors regardé très mal dans le miroir, aurait voulu être aussi créatif qu'elle, avoir su s'extérioriser autant qu'elle le faisait, mais il n'avait que des Jeans défraichis et des T-Shirts de bands de musique qu'il aimait.

À chaque jour, elle avait quelque chose de nouveau. Elle élaborait des styles nouveaux, selon son humeur. Il ne comprenait pas toujours ce qu'elle voulait dire, mais il savait qu'un message se trouvait derrière son pull gris et qu'elle transmettait autre chose avec son haut mauve.

Aujourd'hui, sur le quai, avec sa jupe beige frivole et son haut léger, ses cheveux libres et ses longs colliers, avec son air de gitane, il comprenait qu'elle aussi, elle voulait partir avec lui, comme un oiseau, comme un ange...

dimanche 31 août 2008

26.

Au son de la guitare d'Elliott Smith, s'apercevoir par le titre de la chanson"Going Nowhere" que finalement, le monde est peut-être plus grand que ce qu'il en a l'air, que même si c'est l'Europe, "Gran Canaria and Italy is still far away from Germany."

Une réconcialiation qui s'éteint devant des distances et des prix d'avion inaccessibles pour un bugdet d'étudiant. Et dire qu'avant, il fallait une vie entière pour parcourir l'Europe d'un bout à l'autre, sans avoir l'espérance de pouvoir y parvenir. Et maintenant, en quelques heures, le bout du monde sous les pieds... mais quand même, ne pas pouvoir se toucher la main à cause de lignes internationales...

Et croire, espérer que les trois heures entre son arrivée et mon départ puisse être assez. Espérer que rien ne change. Espérer que rien n'arrive. Espérer que le monde entier retienne son souffle sur un moment trop court...

jeudi 28 août 2008

25.

Au milieu de la nuit, un bruit. Le sommeil est lourd, très présent, mais quand même chercher, s'éveiller un peu. Le bras se glisse hors des couvertures, affronte le froid de l'automne qui s'intalle tranquillement.

La lumière du cellulaire est une attaque aux yeux. Le message qui apparaît à l'écran aussi. Il demande un numéro d'un ami commun... à 2 heures du matin. Lui donner, parce qu'autrement, c'est mal agir, mais quand même, chercher une façon de mal agir en agissant bien.

"How is it?"

Et il répond à la vitesse de la lumière, ne semble pas comprendre pourquoi son numéro est tombé au fond d'un creux. Lui demander: "Pourquoi sa main était-elle dans la tienne?" et recevoir comme réponse une philosophie de vie par SMS.

Such a loser.

Mais quand même, retomber dans le sommeil, engourdie d'une tristesse détestable, haïssable, qu'on souhaite repousser du revers de la main, mais qui revient inlassablement vers le coeur et gruge cette patience qu'on accorde au genre humain.

samedi 23 août 2008

24.

Voir ses amies se transformer en monstre, parce qu'Il semble devenir leur amant. Avoir envie de mourir, de s'écrouler au milieu du salon, un verre d'alcool empoisonné dans la main. Vouloir que le monde entier se retourne sur son passage, parce qu'on aime sans retour, parce qu'on aime et que ça fait mal, parce qu'il nous semble que notre vie est un vrai drame.

Repasser en revue toutes les parcelles de notre vie, de notre corps, pour comprendre ce qui ne marche pas. Avoir honte de cette coke, avoir honte de cette drogue, avoir honte de ces gars auparavant.

Soudain, avoir l'impression d'avoir été méchante et de ne récolter ce qu'on a semer. Pleurer d'incapacité. En vouloir au pays, à la culture, à la langue. Puis soudain, avoir une phrase en tête, la seule possible à avoir, et en allemand, et se rendre compte qu'il n'y a rien d'autre à ajouter... car tout y est:
"Ich weiß noch nicht, wenn ich liebe dich oder wenn ich hasse dich, aber in beiden Fällen, ficke ich dich."
"I still don't know if I'm loving you or if I hate you, but in both case, I'm fucking you."

jeudi 21 août 2008

23.

Elle attendait sur la place publique, un peu indifférente aux passants qui venaient et s'en allaient. La lune, depuis un moment était dressée dans un ciel clair et froid. 21:00 était passé depuis un moment déjà, mais il n'arrivait toujours pas.

Soudain, un son; celui de son cellulaire: "I'm getting late."
Un sourire un coin, puis un léger embarras. Elle s'y attendait.

Elle lève le regard et tombe sur un groupe de jeunes garçons. 14-15 ans... Les jambes longues, le physique d'un enfant trop grand, l'allure d'un jeune chiot en pleine poussée de croissance.

Ils ont l'arrogance de croire que le monde est à leurs genoux, qu'un univers remplit de bontés les attendent. Une cigarette à la bouche, une bouteille d'alcool à la main, ils prennent l'air décontracté de jeunes de rue qui n'ont pas peur de ce que leur vie peut leur amener comme embuche.

Elle les regarde un instant, mélancolique. Elle jette son regard sur leur visage, les examine. La plupart sont encore jeunes de profil, mais certains sont plus beaux, ont une apparence plus mature. Un en particulier. Leur regard se croise. Elle n'y porte pas vraiment attention. Elle continue de les observer, un peu perdue dans ses propres pensées.

Peu à peu, elle commence à croiser quelques-uns des regards de ces jeunes garçons. Elle cherche celui qui a les traits plus maturés. Elle le retrouve en train de parler avec son copain, il se retourne, l'observe. Comme pour se donner constance, il se donne un air sérieux, fasciné, mais derrière ses traits, une gêne, un questionnement sur la façon à agir pour aller lui parler.

Elle lui sort un sourire en coin, détourne le regard, secoue légèrement la tête. Une histoire de flirt enfantine, trop facile, trop simple, trop puéril.

Puis celui qu'elle attendait arrive alors que le jeune a encore son regard posé sur elle. Elle, elle l'a oublié, salut son ami, et disparaît avec lui, bras dessus, bras dessous, sans un regard pour l'enfant qui a encore son regard braqué sur elle.

22.

Avoir eu l'audace de dire: "I know jealousy because of you."
Avoir eu la force de ne pas l'avoir embrassé, parce que "I'm a bit confused about our relation".
Avoir réussi à ne pas pleurer devant son "I don't know."
Avoir réussi à ne pas dramatiser la situation alors que "I'm leaving for a week soon, and then, you are leaving for three weeks in Italy, and right after you are going for a week in Munich, just before your week in Canada... And then, I'm moving for my study... so..."
Avoir réussi à garder espoir par un rire.

Mais être toujours dans l'attente et souffrir de ne pas savoir.

lundi 18 août 2008

21.

Soudain, à la table, une question tombe: "As-tu déjà fumé?"
Et comme si c'était attendu, un mensonge répond à l'interrogation lancée: "Non."

Mais alors, une certaine gêne envahit le corps. Fumer? Fumer quoi? De la cannelle dans la cours de récréation? Non. De la marijuana dans les toilettes de l'école secondaire? Oui. Trop peut-être.

Mais ça, ce n'est rien. Ce n'est rien comparé à l'envie qui remonte dans le nez, au goût fort et chimique qui descends des narines à la bouche, aux paupières lourdes qui tombent après une ligne. Fumer? Fumer quoi? Bof, on pourrait dire que non, grosso modo.

Des envies paradoxales trompent le corps. Celle d'appartenir à une société cultivée et riche en divertissements et celle, plus primitive, d'être parmi les oiseaux de nuit, qui se déchirent les ailes en voulant rejoindre les étoiles. Et parce que le premier monde semble aussi inaccessible que le second dans l'instant présent, le cerveau tombe dans le coma des souvenirs... et le goût chimique de la coke revient plus fortement.

Le nez qui crie une douleur aigüe. La bouche qui grimace sous le goût acre d'une neige insoluble. Les veines qui paniques d'excitation. Le cœur qui se trémousse. L'abandon du corps, des principes, de la volonté, de l'éthique, de la bienséance, de toutes ses choses imposées par une intelligence malsaine, trompeuse peut-être, revient hanté le corps. Les souvenirs, si présents, remontent aux yeux en boule de cristal, étranglent la gorge, enserrent les mâchoires.

Crier d'envie de mélanger de nouveau cette coke avec cette Extasy. De se retrouver dans ce club entouré de vautours. De se laisser échouer dans les bras d'un inconnu.

Soupirer enfin du deuil de ce monde malsain. Voir les sourcils tombés sous l'impossibilité d'obtenir de nouveau cette folle combinaison de poison. Se contenter d'une réalité, quand même acceptable. Se voir peut-être sourire devant les différences de notre vie face à celle de nos amis. Se contenter de l'écart. Se contenter de ce qu'ils ignorent. Se contenter de ce qu'ils ne veulent pas savoir. Puis se sentir, un peu, un brin, un minuscule, plus forte, plus courageuse qu'eux par le guts d'avoir déjà fait ce qu'ils ont toujours redoutés de faire.

Et rire en silence.

20.

Se sentir marionnette. Détester les fils qui guident les bras. Mais aimer celui qui les tient.

samedi 16 août 2008

19.

C'est le premier homme qui lui fait autant d'effet, qui lui donne un sens aux mots "posséder", "jalousie" et peut-être même "amour".

Quand elle l'a connu, ses plus solides convictions à propos de l'amour venaient de écrouler; "La jalousie, c'est le résultat d'une confiance qui n'existe pas. L'amour, c'est le résultat d'une confiance aveugle."

Pourtant, elle doit s'avouer que quelque chose ne fonctionne plus, que son opinion n'est peut-être plus valide. Quand elle le voit sourire à une autre fille, ses mâchoires se serrent. Quand elle ne le voit pas, l'angoisse tombe dans son ventre. Quand il lui sourit, alors qu'il l'embrasse, la peur la prend. Et pourtant...

La jalousie n'est pas une maladie de l'amour, qu'elle se répète, mais devant les faits, elle doit s'avouer qu'elle est jalouse et aussi, un peu amoureuse.

Et ses amies lui demandent: "Alors?"
Et elle répond, vaguement, qu'elle ne sait pas encore.
Et elle continue de penser longtemps encore.

L'autre fois, au bar: "Vous êtes ensemble?!"
Et elle, sur un air joyeux, se retourne vers lui et l'interroge. "I don't know. Maybe?!"
Mais la situation n'est toujours pas clarifiée le lendemain et elle s'interroge.

Elle l'appelle, tombe sur du néant.
Elle le sms et tombe dans l'attente.
"Come online."

Et ils parlent. Elle le sens distant, le lui dit.
"Girls are thinking too much."

Et devant la froideur de cette réponse facile, l'envie de le revoir diminue.

Mais après, il l'invite, ils se voient et s'embrassent. Une belle soirée.
Mais le lendemain, encore le doute...

samedi 2 août 2008

18.

Et soudain, l'univers de l'alcool s'écrase contre une asphalte trop fraîche. L'homme martèle la rue de ses coups de pieds; il court, il joggue, à chaque matin. C'est son corps qui lui en redemande toujours et encore, qui le réveille avant la sonnerie du cadran, le matin, à 6h30. Au début, c'est dur, qu'il a dit, mais le corps est une machine qui fonctionne sur le rythme d'une routine. C'est vrai, que j'ai répondu, en pensant à la fatigue des premières fois, où le sommeil semble si intense qu'il nous amène à nous écraser au fond de la bouteille d'alcool. Mais après, le corps en redemande. Autant d'alcool que de musique forte et de danse.

Il m'a dit, du haut de ses études universitaires en médecine, du haut de ses 23 ans, du haut de sa toute puissante vie qui se dresse devant lui qu'il ne comprenait pas ses "pauvres gens" qui passaient leur vie dans les clubs et bars, comme pour fuir quelque chose, pour éviter de penser et pendant un court moment, je me suis sentie mal en face de lui.

- Mais je passe ma vie dans les bars moi.
- Mais tu y travailles, ce n'est pas la même chose.
- ...

Mais j'aime ça, que j'aurais voulu y dire. J'aurais voulu y dire que l'alcool, c'est son air du matin, qu'il trouve si frais. Que la musique forte, c'est son cœur qui bat la chamaille quand il court, que sa course, c'est ma danse. J'aurais aimé lui montrer qu'entre sa rue et mon dancefloor, il n'y a pas grande différence, qu'au fond, on recherche la même chose: l'évasion de l'esprit, le sentiment de liberté, l'apaisement d'une vie lourde.

- Dansez c'est un sport, je pense que j'éprouve la même chose que toi quand je suis dans un club ou dans un bar, ou même quand je travaille.
- Mais tu bois. Et c'est pas bon.
- Boire autant de café que tu fais, ce n'est pas bon non plus.
- Le café, c'est un art.
- Je considère que l'alcool est autant un art que le café.
- Non, parce que ceux qui consomment l'alcool en abusent et ne savent pas le déguster et l'apprécier.

Et à ce moment-là, je me suis sentie de nouveau seule dans mon monde d'alcool, de bars et de clubs. Je me suis sentie du mauvais côté de la ligne sans vraiment le mériter, car j'aurais pu lui répondre qu'avec ses trois cafés par jour, il ne peut pas apprécier le goût autant que quelqu'un qui n'en prend qu'une fois de temps en temps. Et qu'à la différence du café, l'alcool est si variée, si diversifiée qu'il est toujours possible de découvrir et de redécouvrir.

Mais je me suis tue. L'alcool de nuit ne représente qu'une partie de débauche pour une grande majorité des gens.

jeudi 3 juillet 2008

17.

Le garde-robe grand ouvert, avec une multitude de couleurs vibrantes. La chambre est en désordre. Du linge partout, mais partout. Des Jeans, mais surtout des jupes, des tops, des foulards, parfois des sous-vêtements. L'homme y entre, sens l'odeur de femme, salive.

- Je reviens, dit-elle d'un murmure.

Et pour accompagner l'écho de sa voix, elle caresse du bout des doigts l'épaule de l'homme qu'elle a amené chez elle. La dernière chose qui quitte la chambre est sa main, qui vole encore derrière elle. Il l'a regarde s'éloigner dans la noirceur du couloir, ses yeux tombent sur le balancement de sa robe. Son vêtement est court et il devine ses fesses rebondies derrière le tissus turquoise. Ce bout de vêtement l'a nargué toute la soirée, lui faisant croire qu'en mouvement, il pourrait voir un bout de chair. Mais jamais, celui-ci n'a osé s'élever plus haut que le fantasme de l'admirateur l'exigeait.

Elle disparaît dans la noirceur du couloir, entre dans la salle de bain et s'évanouit dans un jet de lumière. Il détourne le regard et examine la pièce. Il sent le parfum de femme. De cette femme. De cette fille. Il voit, entre deux morceaux de linges, un soutient gorge jaune-banane, avec un imprimé de singe sur l'un des deux bonnets. Il sourit. Détourne le regard, continue l'examen de la pièce. Il voit le poster de cette star géante qu'est Paris Hilton. Quelque chose de vague l'entoure. Cette femme fait rêver tant d'hommes et de femmes. Il se demande si celle qu'il vient de connaître l'envie. Tout près du poster, une multitude de photos où il voit la fille avec ses amies, toujours souriante, toujours amusante, toujours belle surtout. Il espère qu'elle se sent plus belle que Paris et se promet de lui dire qu'il la trouve plus séduisante que bien des actrices.

Soudain, un parfum suave entre dans la pièce. Il se retourne et la voit. Elle lui sourit différemment. Là-bas, au club, ses regards étaient narquois, pénétrants, malicieux. Elle bougeait son corps dans le désordre de la musique, s'extasiait de la liberté qu'elle avait de bouger à sa guise. Elle riait, criait, s'affolait. On s'amusait à la voir. Une gamine.

Une gamine avec un 100$ dans les mains. Une gamine qui a troqué le biberon pour des shooters. Les simagrées de bonbons trop surs pour des grimaces d'alcool trop fort. Quelque chose de triste dans l'air. Lui aussi, il a considère autrement. Il s'approche, doucement. La prend par la taille avec la peur de la briser. Il la regarde dans les yeux, tente d'y voir un morceau de vérité et y gagne un faible sourire moqueur. Elle l'embrasse. Il s'excite.

Ses lèvres touchent les siennes. Elle ne l'embrasse que du bout des lèvres. Il aurait envie de la posséder. Il l'a trouve loin mais si proche à la fois. L'envie de la prendre sur le champs le hante, mais la douceur de cette fille l'étrangle dans son désir. Il se laisse guider par celle-ci. Ses doigts de fée glissent sur sa peau. Des frissons le parcourent, se répercutent partout dans son corps. Il s'abandonne à elle, ferme les yeux puis la sent soudain se coller à lui. Elle l'enserre un instant dans ses bras. Il sent la délicate force des femmes, celle si prudente et insécure mais si vive pourtant et répond à son étreinte.

Les doigts de la jeune fille se glisse sous son chandail. Il inspire un bon coup, sous la caresse de cette peau dans son dos. Elle lui retire sa chemise et l'embrasse sur le torse, à pleine bouche, avec la même tiédeur, le même calme que tous ses autres gestes. Il frémit. Ses mains se promènent sur son corps, entraîne sa bouche à son cou, redressant à son flanc. Il la sent mordre dans sa chair, timidement, puis son visage revient devant lui. Les mains de la jeune fille ont tombé sur ses fesses. Il se sent dur. Elle le mord encore. Ses mains reviennent devant et lui défait son pantalon. Il est nu d'un coup, se sent un peu gêné de sa nudité alors qu'elle est encore toute habillée.

Elle sort le bout de la langue et effleure la peau du pénis. Il sent la chaleur de sa bouche et retient un râle. Elle continue de l'embrasser, lui faisant sentir la lourdeur de ses lèvres. Elle s'avance vers le gland et sent son corps passé de la tiédeur de la pièce à la chaleur et l'humidité de la bouche de la jeune fille. Il apose ses mains sur sa tête, en retenant le vif désir de l'amener plus près d'elle. Sa langue le chatouille. Il gémit. Puis lorsqu'elle commence à sucer, il ne peut s'empêcher de s'agripper à la chevelure de la fille à ses genoux. Elle augmente ses va-et-vient, augmente le rythme, l'intensité.

Elle le sent devenir plus dure, elle s'excite, amplifie l'allure. Pendant un moment, la pression des mains de l'homme était plus insistante, maintenant, elle sent qu'il souhaite qu'elle s'éloigne. Il voudrait la pénétrée. Elle ignore sa demande, continue. Elle arrête un instant la succion, revient aux baisers, aux coups de langue, puis elle le reprend à pleine bouche. Les mains de l'homme l'agrippe plus fortement. Elle place ses mains par-dessus les siennes et l'encourage à la guider. Ils continuent le rythme ensemble un moment, puis elle glisse une main sur la fesse de l'homme. Elle continue de le lécher, de l'embrasser, de le sucer. Elle fait glisser ses doigts sur le rebond des fesses, puis tombe dans un creux. L'homme se raidit, mais elle augmente l'intensité de sa succion.

Il tente une seconde de l'éloigner, afin de pouvoir la pénétrer, mais elle lui glisse un doigt dans l'anus. Un autre lui caresse les testicules. La sensation est nouvelle, excitante. Il s'agrippe à la tête, sent l'excitation monté. La jeune femme à ses pieds devient abstraite; le désir ayant rendue la réalité floue. Les sens de l'homme s'évanouissent. Il tente une ultime fois de se retirer pour pouvoir sentir le corps de la jeune femme sous lui, mais elle reste ferme. Il l'entraîne alors à lui, plus fortement. Elle se laisse faire docilement. Augmente ses succions, jusqu'à amener l'homme à l'abandon total de son corps...

16.

Se promener dans la rue, avec à ses côtés, deux belles filles. Être la troisième du trio et se sentir invincible. Défier les hommes du regard, ignorer ceux qui le posent sur nous. Rire avec des gars, les voir se battre pour payer une consommation puis les observer de haut, parce qu'ils se sont mis à genoux pour pouvoir passer la nuit avec nous.

mardi 24 juin 2008

15.

Vendre de l'alcool. S'épuiser à la distribuer. Pousser les gens à la limite de l'ivresse. Les accompagner dans leur saoulerie. Rire avec eux. Parler fort. Sourire constamment. Participer à leur plaisir. Y contribuer, même. Puis tranquillement, les voir disparaître, un à un. Rarement avec un "au revoir" ou un "merci" tant l'alcool distille la pensée. Se sentir épuiser de tant d'efforts. Se coucher les poches pleines, les yeux pochés.

Se lever fatiguée de la veille. Se savoir en congé. Être envahie des effleuves des shooters vendues quelques heures plus tôt. Baver, presque, devant l'idée que ce soir, les rôles ont changés.

S'abreuver d'alcool avec l'argent du monde qui se sont abreuvés d'alcool sur ton quart de travail. Voir l'alcool disparaître aussi rapidement qu'elle est venue. Ne pas croire à son goût. Ne pas croire à sa douceur. Ne pas croire à sa fraîcheur et à l'ivresse qui s'en vient, tranquillement mais aussi surement qu'un orgasme prolongé. Rire avec les échos dans la tête qui tourne. Voir les mots tombés de la bouche et s'écarser sur la table à grands éclats de rire. Ne plus comprendre la situation mais se sentir si bien de tant de légèreté. Parler fort pour rien. Voir le monde statique se mouvoir. Sentir les muscles s'alourdir. Tomber, un peu par exprès, dans les bras d'un bel inconnu. L'embrasser, un peu par accident, mais pas trop.

Et finir la soirée dans un lit bercé d'illusions d'alcooliques, où demain, se dit-on, sera un jour sans eau-de-vie, mais recommencer, inlassablement le même rythme, jour après jour, sans plus jamais pouvoir s'arrêter...

jeudi 1 mai 2008

14.

Se promener dans le bar, le cabaret à la main, les yeux alertent. Espionner les désirs des clients. Épier leur envie, leur façonner une vérité.

- Oulala! Ça sent la tequila ici!!!

Et six tequilas sur le plateau. Une gang heureuse et saoule. Leur porte-feuille vide. Le mien plein.

- On fait-tu passer ça avec un pichet de blonde?
- Aweille donc ma belle!
- Et un pichet d'blonde!

Et on redonne 6,50$ en change, sinon, c'est 1,50$ dans les poches au lieu de 2, voir 3$.

Le client est aveugle. Le client est saoule. J'en profite.

- Combien?
- Ça fait 17,50$.

Il me donne 20$. Je n'ai pas de change. "Garde-le reste, ma jolie!" Sourire qui plait. Sourire hypocrite. Sourire docile tant que l'argent vient.

Le client qui fait de l'œil. S'approcher et lui dire le prix à l'oreille, une main sur l'épaule. Prendre l'argent et s'en aller...

mardi 22 avril 2008

13.

Être défoncée par ce sentiment fort de découverte constante. Vouloir conquérir la ville, l’ambiance. Vivre d’alcool, de déchéance. S’habiller puis se regarder dans le miroir et s’extasier de tant flasher. Se sourire à soi-même puis avoir le cœur qui accélère par la hâte d’aller se faire admirer dans un club. Être en ligne et entendre la musique à l’intérieure, forte, invitante, qui bat au même rythme que votre cœur.

Accepter les verres, les shooters, les joints. Se faire offrir une pilule, tout bonnement. Être surprise et avoir peur, un peu, mais la prendre tout bonnement. Sauter les limites. Être heureuse de l’audace. Vive l’audace dans la splendeur de la nuit. Voler tel un oiseau de nuit, dans une boîte remplie de sons où vos ailes sont celles des regards des hommes autour de vous.

Danser, danser, danser, again and again…

Ne plus saisir l'ambiance mais la vivre, l'habiter, l'être. Plus tard, être entraînée à l'arrière du smoking area, se faire déposer de la poudre sur la main et la voir disparaître sous notre nez. Être surprise de tant de facilité, de si peu de peur, de tant d'enthousiasme. Prendre conscience de notre corps pour mieux ressentir cette chaude neige dans les veines. Retourner danser et voir les limites s'effondrer...

12.

Tomber dans les bras d’inconnus et leur livrer votre fin de semaine. S’abreuver à leur portefeuille et les remercier de votre corps. Danser sous le regard d’une ville où vous êtes l’intrus. Vivre par parcelle car le souvenir de votre ville vous harcèle et parce que les mots des autres vous sont parfois étrangers. Mais rire en retour des mots que vous leur apprenez. Bonjour, biyour. Poutine, paodhein. Je t’aime, djetam…